Les glaçons fondent
plus vite
Que je ne bois le vin.
C’est pas Apollinaire
Mais c’est divin.
Deux filles jouent au ballon dans la piscine
L’une assez grosse, des plis de peau.
L’autre bien dessinée. Calibrée.
Elles se lancent simplement la balle
de la taille d’un pamplemousse.
Leurs corps sortent tout droit
à tour de rôle
Hors de l’eau.
Elles sont belles toutes les deux.
La fine se moque bien que l’autre soit un peu moins dessinée.
La grosse se moque bien que l’autre soit si calibrée.
Et on voit bien que ce n’est pas un faire-valoir.
Pas un prétexte.
Ni pour l’une, ni pour l’autre.
Innocence qui n’a peut-être rien à voir avec l’âge.
Vérité qui n’a jamais rien à voir avec l’âge.
Ni avec personne.
Ce serait bien.
Je l’espère. Pour elles.
J’y crois.
Je le sais.
Et je le sais car elles le savent.
Bande de cons, soufflent les airs, armés par les cigales.
Elles sont belles toutes les deux et je voudrais nager vers elles.
Je ne vois plus qu’elles.
Et le pamplemousse.