Transi de René de Châlon

          Parental advisory

Tout ce que je fais est suicidaire. Je veux dire tout ce que je fais est un suicide ; une partie de mon suicide ou sa répétition permanente, ça je ne sais pas bien. Aucune de mes actions n’est liée à l’idée que j’aurais un avenir ; de là que je ne planifie rien (ou alors c’est pour cela ; je démêle mal à nouveau cause et conséquence). J’agis finalement pour agir ; je n’arrive pas encore à ne pas agir, à ne plus agir. Mais ça viendra, j’espère, avant ma « vraie » mort, c’est-à-dire la fausse ; celle à laquelle tout le monde va croire bien sûr. Cette façon suicidaire d’agir est donc une sempiternelle exaltation de la vie, un holocauste du temps dans un présent ouvert par un bout sur l’éternité ; et par un autre sur ma mort (ce qui ne revient pas tout à fait au même), ma mort épiphanique incessante, sur l’épiphanie incessante de ma mort ; c’est en somme une célébration authentique de la vie à l’état pur, livrée à elle-même et délivrée de moi. La vie n’est pas un capital, c’est ce que je voulais me rappeler.

S., les 18 et 19 octobre 2017.

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