Laisse-moi te muséifier

Un peu plus ou au moins un peu
Celui qui n’existe plus le sait
Il faut que la beauté loin des courants et des remous
Meure dans une éternité quelconque
Le bruit du glas sur le pavé là
Où la cruche s’est brisée
Et le chat qui léchait n’en a rien laissé
Pêche prune ou abricot posés sur un coin de la table
Dont le noyau durcit la peau
Par le hasard des couches patiemment empilées
C’est le Vernis vibrant sur le cœur au cœur de la déroute

Il faut apprendre à laisser partir la beauté dans la distance où se renferme l’horizon très loin de tout point de fuite
Sans clef sans promesse sans lumière intérieure
Juste les rideaux et les reflets et les couleurs sans parfum la vapeur d’ange et son danger
D’un œil plissé sur le dedans recoudre l’absence assassine
Sur des tissus désuets que ne touche pas la chair
Il faut savoir creuser le vide sans fraîcheur de cave
Le vide atone et sans chaleur
D’une contemplation muette effrayée sans mot
Hors de portée alors et sans pas qui ne danse un peu de côté
À ce prix peut-être la paix du musée s’offrira

Prie s’il te plaît que je me dépossède de toi

Besançon, Doubs, 2 juillet 19

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