Je retourne tes phrases comme des gants sans fin, mes mains en sont déchiquetées

Tes mots sont des morceaux de verre que je brasse comme des billes au fond d’un sac, attardé dans l’enfance où le droit d’aimer s’écorcher reste sans ridicule et qu’on peut se renier sans être à rebours des choses

Tes pensées sont logées loin derrière des barrières de corail garnies des lambeaux des miennes, elles sont gardées par des poissons miroitants et carnivores, des portes transparentes qui annoncent l’enfer dans un décor de jade

Si tes mots n’existaient pas, nous serions ensemble à se taire en riant, la bouche ouverte et notre cœur au dedans libèrerait ses plis, son velours et son encre dans un long mouvement de tapis silencieux, les épines nous caresseraient et nous aurions le temps du monde

Mais le tien est de nacre, tu y lisses les aspérités de l’attente au fer rouge, du dos de la main tu broies un à un toute la somme de mes os, tu ne sens rien, avales tout dans ce sourire qu’un glacis vénéneux recouvre, si on s’y penche un peu plus près

Les seiches doublent les ténèbres, je les suis du regard, au fond des mers, dans ma mémoire, elles montrent des voies qui promettent l’oubli, qui épousent l’absence, qui désarment l’ennui

À les suivre sans fond, sans paradoxe nous serions au paradis

Aussi seuls qu’aujourd’hui

Le 15 juillet 19.

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