La nuit est une pensée

Le bourdonnement vain des toits en plein soleil, l’été qui vibre à moi de toute l’étendue d’un vaste territoire où je sais que tu es, quelque part épanouie à te dissimuler remuant des objets, ou émettant des sons, à écouter ou à donner de l’attention, tout cela m’envahit d’un manque impénétrable et se tient comme un mur à quelques centimètres, au ras de mon visage, m’enlève toute idée de dire ou d’avancer, m’ôte le moindre pas

Comment descendre dans la rue et quitter ces toits noirs où l’impossibilité mortelle de te voir m’aimante par l’absence de toute direction, la girouette inouïe d’une attente au balcon, qui ne voit plus le temps que comme une mer d’encre, un lointain firmament où se baigne l’espoir, suspendu dans le vide exempté de sa chute

Devant, plus bas, derrière encore ou bien faut-il fermer les yeux et s’en remettre aux mains pour te magnétiser et tirer jusqu’au pied de mon absurde tour les bus et les taxis, le moindre raidillon où j’entends résonner le bruit de tes talons, ces pointes qui t’ajustent, ces claquements de toiles où se sont réfugiées les images de toi

Je ne bougerai pas, j’attendrai tout à la limite entre le désespoir et l’espérance folle, là où il ne font qu’un, c’est un peu japonais, la vague et son reflux n’ont jamais célébré mariage si tendu, d’un geste désormais qui n’est qu’une pensée, je te ramènerai à travers l’étendue, à travers l’infini, parmi les voies perdues

Le 20 juillet 19.

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :