Jaidécidédetoutdirecommeçaon saura

recueil de vacances

1

Le simple bruit d’un voisin d’hôtel ouvrant sa chambre me rassure

et me fait sortir de cette torpeur atrocement débilitante où me plonge le manque amoureux

Mon manque est-il pathétique, stomacal, comme la pause bières (pluriel de circonstance surtout qu’elle était forte), qui eut le même effet, tend à le suggérer

D’abord non parce que l’effet bière a eu besoin de durée quand le cliquetis des clefs et le frottement des pas sur la mauvaise moquette est instantané (j’allais dire quasi-instantané, ce qui était purement prosodique)

Ensuite parce que l’origine est externe alors que l’alcool travaille de l’intérieur pour vous faire croire que le monde se dilate, selon vos vues (même les vues contraires, c’est encore son fantasme à soi !) tandis que les clefs, les pas, le cliquetis, le frottement, sont bien réels et que je ne les ai pas programmés

Je ne suis plus seul, une réalité existe et qui m’intrigue, non, me rappelle que quelque chose échappe à mon désespoir

Désespoir lancinant, poisseux, qui s’immisce partout, transforme tout, pollue tout, met tout à distance, une vraie saloperie que seuls connaissent ceux qui ont encore des tripes et du cœur

Me rappelle que la réalité a le droit d’être tragique en dehors des programmes d’indignation, merde ! Bref, ceux qui font le pari de croire à la vie et qui restent muets assis pendant des longues minutes parce que leur pensée est hypnotisée alors que les autres continuent à vivre des trucs incompréhensibles (il paraît que la réciproque est vraie et même mieux admise), totalement vampirisés par les images d’un être absent et leur corps tout foireux à rien ingérer (en tout cas au bon moment, selon la bonne proportion et la bonne nature) parce que voilà : elle n’est pas là et elle s’en fout (peut-être pas, mon dieu, alors que faire ?) et c’est tout : on a le droit d’être au fond des gouffres et de ne rien pouvoir vivre d’autre pour ça ! pas de politique réelle, pas de grande cause si vous ne commencez pas par vous reconnaître ce droit fondamental à être imbuvable et chiant par ce que ça foire côté sentiment !

Alors quoi, peau de balle le sentiment amoureux, impossible qui fait mal ? Oui sans doute, mais peau de balle trouée, peau trouée par les balles, même si c’est moi qui les tire

On osera quand même pas me dire que je l’ai cherché ? Que j’y prends du plaisir ?

J’en ai rencontré des bandes de cons et de connes qui m’ont dit ça, un peu dans le même registre que : « tu te poses trop de questions » (les questions se posent toutes seules, elles sont grandes) ou « tu idéalises les femmes » (les femmes sont idéales)

Non mais sérieux ! On se croirait au repas de famille avec les tantes, qui au moins avaient de l’humour dans leurs saillies, un peu comme si elles pensaient que votre zizi ne devait jamais servir ou juste pour de rire : non, plutôt, qui pensaient que vous méritiez mieux que ces gourgandines qui vous font tourner la tête en le sachant mais sans aucune intention de jamais mettre la main à la pâte

Qu’importe. L’essentiel est que je fais encore partie des gens qui souffrent parce qu’une fille leur plaît et qu’elle n’est pas là

Merci les clefs, merci le cliquetis, même si l’effet est déjà passé

Ça me semble une bonne chute

à demain, si jamais

le 7 juillet 19.

2

Je t’écris mais tu ne sais pas que c’est toi

Pas plus banal comme topos

Si ça se trouve j’ai même fait un cours dessus

Ou alors je n’ai même fait que ce cours-là : on écrit toujours pour la même personne et elle ne sait jamais que c’est elle

C’est d’ailleurs pour ça qu’on écrit sans doute

L’écriture comme une fracture, bien banal aussi celui-là, on peut vraiment pas dire que j’aie inventé grand-chose

Ça risque même d’aggraver la confusion

Tu te reconnaîtras d’autant moins que j’écris

Pourtant je te jure que c’est toi

Je ferais mieux de me taire, mais tu parles

Voilà que j’ai 17 ans encore, je suis en Première

Je fais semblant de tripoter une cassette audio (on en écoute à l’époque) en traversant la cour du lycée

En fait, je fais même semblant de traverser la cour du lycée

Je fais semblant pour l’éviter, vu qu’elle m’attend. Là c’est très différent.

Oui, ça me rappelle ça

Pas grand chose entre les deux

Je dirais pas rien, on ou tu ne me croirais pas (j’accorde comme je veux, c’est ma seule liberté sur l’heure)

Je traverse la cour, je fais semblant, j’évite

Après j’en pleure, j’en fait des tonnes, pendant des années

Et puis surtout ensuite je me trompe

Je répète l’erreur

Je cherche un truc qui rappelle celui qui n’a pas eu lieu

Et me revoilà dans les mêmes beaux draps

Il faut dire que je ne m’aide pas : je lis Mishima (aujourd’hui, pas dans la cour du lycée)

« Mais pourquoi tu lis pas des trucs plus gais ? » Faut-il répondre ? Allez : un livre peut-il être gai ? Paul et Virginie, il paraît, mais pour le coup, ça me déprimerait encore plus, une île, des oiseaux, ils s’aiment…

Cette fois, avec Yukio, c’est moi qui essaie de ne pas me reconnaître

Le personnage s’appelle Kiyoaki. Il vaut des points dans le détour, le contournement, l’esquisse, l’esquive et l’escamotage, de l’entourloupe bien cruelle pour tout le monde, déni, mauvaise foi, il lésine pas sur le paradoxe et avec lui y a pas que l’escalier qui est dérobé, fais-moi confiance

Mais il a 19 ans, il a le droit !

Quand on se reconnaît ça fait peur, je sais

Et dans mon cas, encore, je suis seul avec l’auteur

Tout de même un type qui s’est enfoncé un sabre dans le ventre ceci dit

Pour des raisons qu’on peut tout à fait comprendre : lui non plus, il ne se reconnaissait pas

Lui, le monde, son Japon, tout une histoire de reconnaissances impossibles

Pour toi, c’est moi l’auteur. Ça doit être plus flippant, sans prétention, qu’un suicidé au sabre (je ne veux pas rire, je ne ris pas, c’est indépassable ce qu’il a fait, je ne m’en sers que comme image, vous avez bien compris)

Se dire qu’un type écrit sur vous. Dans le vide, en lettre ouverte à qui la lira en espérant que c’est toi, et que c’est soi qu’il faut reconnaître dedans

Moi j’aimerais bien, je crois, mais je suis un peu zinzin. La preuve : je t’écris ça

Je t’écris ça parce qu’il faut le faire. Pour dire que ça existe

Pourquoi je le dis pas ? Même parce qu’il faut pas bien sûr, allons, un peu de sérieux, sinon rien ne marche

Il faut se reconnaître, c’est la confirmation

Romantique ? Si on veut mais je dirais que ça remonte plus loin

Le romantisme est le fruit sans doute trop mûr de la longue maturation qui le précède. Il y en a chez les Stoïques. Il y en a chez Sénèque.

Tiens, un autre suicidé au sabre (plus petit, une dague j’imagine), « Voilà que j’ai touché l’automne des idées », comme dirait l’autre

On dirait bien que la reconnaissance, c’est vraiment une affaire d’aiguisage

Lui a fait ça dans son bain, comme je disais plus haut à mon modeste propos, il a quitté sa toge (sorte de drap) et plouf, une petite saignée, toujours pour une petite question de reconnaissance, toujours pour une petite question de vérité

Et voilà qu’un autre souvenir, de cette après-midi, me revient à brûle-pourpoint : Caton, Caton d’Utique (et Caton ? hein… Caton ?, comme dit Dutronc en Van Gogh à propos du musicien sans doute aussi fou que lui et que tout ceux qui veulent que quelqu’un se reconnaisse dans l’histoire : « et Chopin, hein, Chopin… », très bon)

Caton donc, musée des beaux arts (tout un poème aussi, d’ailleurs j’en ai fait un, si tu suis bien), eh bien Caton lui c’est pour la République

César arrive, ah oui, César arrive ? passe-moi mon glaive, je vais lui faire voir moi au bafoueur de Rubicon

et vlan, le plan d’après (le tableau donc), il se tient les tripes devant tout le monde qui est horrifié, qui pleure avec des mines pas possibles

Moralité : pour qu’on vous reconnaisse, ce qui veut aussi dire pour que l’autre se reconnaisse en vous, faut mettre ses tripes sur la table, faut donner sa livre de chair. On n’y coupe pas

Celui qui coupe c’est César, le transalpin, le franchisseur de fleuve interdit : il coupe tout droit, bille en tête, ça se suicide pas ces gars-là, ça lance le cornet de dés, ça se met les dieux dans la poche, et hop ! alea jacta, quand ça marche plus, ils passent la main au fils, tu quoque et basta, non, ils ne font pas dans la périphrase, c’est un autre sublime

Y en a quand même un qui a la présence d’esprit de commenter, c’est un soldat, bien républicain mais à la romaine, armure et tout, c’est pour que le spectateur comprenne le tableau, vu qu’à l’époque (17ème, le tableau, pas César, par Corneille, Jean-Baptiste) ils mettent pas de vignette : vous voyez bien qu’il faut toujours du public !

Mishima, revenons-y, l’a fait quasiment en direct ! Les articles disent que devant les protestations de la foule (de connards donc) « il se retire pour exécuter son seppuku »

La formule vaut son pesant de sushis : se retire pour tirer son sabre du fourreau et qu’on le voie encore mieux

Classe absolue

Donc public il faut

Au moins au début

Tu es vaniteux, je l’entends dire, le public. (Ça on dirait du Brassens, qui, lui, a choisi de ne pas se casser la pipe)

On s’en cogne de tes amourettes larmoyantes

Faux

D’abord parce qu’il est en train de lire, le public (avec toi peut-être dedans déguisée en esprit de la forêt)

Et deuzio parce je crois qu’on est soit un Saint (majuscule, au minimum) soit un horrible monstre de vanité

Pour le Saint, je vous laisse passer devant, le mien est tout percé de flèches (j’en ai découvert encore deux trois versions bien salées dans la foulée de Caton) pour avoir protégé des Chrétiens (c’était ça ou le sabre, lui aussi, dans son « projet de vie » et vu qu’il avait un tempérament altruiste)

Et coriace, l’animal, comme il mourrait pas, pourtant bien transpercé 6 ou 7 fois (tu penses bien que j’ai compté) ils l’ont fini à coups de verges. (Rien de sale là-dedans)

Là, tout de même, il est mort

Eh puis c’est la trouille bien sûr (à la question pourquoi je dis pas, posée plus haut)

La trouille, délicieuse, atroce, despotique, je marierais bien deux clichés pour finir

Pour toi, ma semblable, ma sœur, qui sera peut-être de charité

Toi qui ne sais pas comment on utilise toujours avec un conditionnel

Allez, mince, reconnais-toi, on s’en fout

À bientôt

le 11 juillet 19

3

C’est toujours bon au fond de prendre une claque

Le « souci », comme ils ou elles disent tous désormais à tous les bouts de champ, c’est qu’il faut 15 relectures pour se rendre bien compte qu’on a été giflé

Je cherche par quel bout cela peut bien être original, moi qui ne pensais qu’en sillon, et à peine en cillant

En tout cas pas par les mots, je ne saigne : je ne ferai plus jamais signe !

Seuls les miens me font du bien, ce qui fait de moi un pur salaud, et encore un assez beau, un monstre de délicatesse, mais ce n’est pas diable le cul ! Où veux-tu que je m’encorne : je suis borgne, je te dis, je ne vois qu’à travers des jalousies ! des meurtrières comblées ! On laissera les douves, pour le coup, de côté

La passion nous a tellement quittés, pas même dans le lointain, pas même loin du charnier : à mort tous les gerfauts, il faut qu’on rende toutes les clefs, il faut tout rendre, par toutes les ouvertures, la passion il faudrait l’ash-taguer : littéralement l’étiqueter cendre, et ne plus en parler

Se taire dans le silence, le laisser nous pénétrer de sable, allez, prête-moi ton sabre, j’en fais coupe-papier

Celle qui n’est pas pleine ne le sera jamais plus et nous vide au dedans, comme un mollusque fou qui cesse de filtrer, pour se rendre au néant, seul à l’insu de tout, et veut se digérer

Car à relire je me rigole, je me suinte dessus, et pas même une pinte n’aura le dessus

Las des quarantièmes jouissant, faisons semblant d’hennir encore, dit l’onde à l’oiseau mort, tu vois bien que ce n’est pas la chair

Je suis sable je suis papier je suis masure de verre, quant aux poupées, elles n’ont pas appris à danser, elles savent qu’il n’y a plus de pas chassés possibles

Je n’ai pas même la peau d’un ver et ne finirai plus à tes pieds

C’était facile tout ça, il suffisait de lire, de lire et de relire, quand il n’y avait rien d’autre à faire moi j’ai regardé le soleil qui n’a voulu me brûler, même pas les yeux

J’erre, j’erre dans un non lieu, je suis coupable, faute de mieux

Je m’indiffère, à ne pas remuer le moins du monde la terre

Qui dit mieux

le 13 juillet 19 (comme un œuf).

4

Je retourne tes phrases comme des gants sans fin, mes mains en sont déchiquetées

Tes mots sont des morceaux de verre que je brasse comme des billes au fond d’un sac, attardé dans l’enfance où le droit d’aimer s’écorcher reste sans ridicule et qu’on peut se renier sans être à rebours des choses

Tes pensées sont logées loin derrière des barrières de corail garnies des lambeaux des miennes, elles sont gardées par des poissons miroitants et carnivores, des portes transparentes qui annoncent l’enfer dans un décor de jade

Si tes mots n’existaient pas, nous serions ensemble à se taire en riant, la bouche ouverte et notre cœur au dedans libèrerait ses plis, son velours et son encre dans un long mouvement de tapis silencieux, les épines nous caresseraient et nous aurions le temps du monde

Mais le tien est de nacre, tu y lisses les aspérités de l’attente au fer rouge, du dos de la main tu broies un à un toute la somme de mes os, tu ne sens rien, avales tout dans ce sourire qu’un glacis vénéneux recouvre, si on s’y penche un peu plus près

Les seiches doublent les ténèbres, je les suis du regard, au fond des mers, dans ma mémoire, elles montrent des voies qui promettent l’oubli, qui épousent l’absence, qui désarment l’ennui

À les suivre sans fond, sans paradoxe nous serions au paradis

Aussi seuls qu’aujourd’hui

le 15 juillet 19.

5

Hallali

Quand c’est impossible à dire, on fait comment

Quand c’est impossible à lire, on tourne comment la page et comment fait-on pour écrire s’il n’y a plus de marge

Comment fait-on pour rester sagement assis, sans attendre, sans voir qu’il n’y a plus rien à penser

Redevient-on plus jeune à jeter sa plume sans rien dire

Rend-on les choses plus vieilles si on cesse de les exprimer

Comment s’étreindre sans parler

Sans voix sans impossible, qu’on livre toujours un peu à ses pieds, l’air vague, en pérorant

Comment détrompe-t-on la joie quand elle se trompe de voie, qu’elle vous souhaite le meilleur en vous assassinant

Comment détrompe-t-on

Celle qui croit vous faire plaisir

Comment fait-on pour avouer ce qu’il ne devrait pas être besoin de dire, pour que l’aveu tienne devant le passé, que beaucoup trop d’autres ont déjà beaucoup trop froissé

Comment être neuf et simple et élégant en même temps

Comment jeter le gant sans s’enfuir ni se retourner

Ce sont des vérités qui tiennent dans la paume de la main et pèsent pourtant l’amère goutte de l’inouï

Comment arrive-t-on à ne plus rien dire, à oublier les mots de trop, à rater la cible sans changer de carquois, à toucher l’indicible en sachant que c’est toi

A prendre le train pour le départ et pour rien d’autre, jusqu’à ce que laisser derrière soi n’ait plus le sens que d’une image muette, une fumée qui se pliera, dans un mouchoir, dans un regret

Je ne sais pas je ne sais rien

Je ne sais pas me taire

Je ne sais pas ce qu’il y a derrière les voix qu’on retient

le 18 juillet 19.

6

La nuit est une pensée

Le bourdonnement vain des toits en plein soleil, l’été qui vibre à moi de toute l’étendue d’un vaste territoire où je sais que tu es, quelque part épanouie à te dissimuler remuant des objets, ou émettant des sons, à écouter ou à donner de l’attention, tout cela m’envahit d’un manque impénétrable et se tient comme un mur à quelques centimètres, au ras de mon visage, m’enlève toute idée de dire ou d’avancer, m’ôte le moindre pas

Comment descendre dans la rue et quitter ces toits noirs où l’impossibilité mortelle de te voir m’aimante par l’absence de toute direction, la girouette inouïe d’une attente au balcon, qui ne voit plus le temps que comme une mer d’encre, un lointain firmament où se baigne l’espoir, suspendu dans le vide exempté de sa chute

Devant, plus bas, derrière encore ou bien faut-il fermer les yeux et s’en remettre aux mains pour te magnétiser et tirer jusqu’au pied de mon absurde tour les bus et les taxis, le moindre raidillon où j’entends résonner le bruit de tes talons, ces pointes qui t’ajustent, ces claquements de toiles où se sont réfugiées les images de toi

Je ne bougerai pas, j’attendrai tout à la limite entre le désespoir et l’espérance folle, là où il ne font qu’un, c’est un peu japonais, la vague et son reflux n’ont jamais célébré mariage si tendu, d’un geste désormais qui n’est qu’une pensée, je te ramènerai à travers l’étendue, à travers l’infini, parmi les voies perdues

le 20 juillet 19.

7
(épilogue)

au septième jour, il ne se repose pas, il prit ses distances, au contraire

c’est un effort colossal

il prit du champ, laissa du mou, il refusa d’aller pour la dernière fois à la ligne

sa pensée était éprise de finition, il était trop tard pour ne pas toujours recommencer

les images affluèrent sans savoir se prononcer et personne ne dit mot

il tira sur la corde, il mit tout au panier, une montagne de souci s’était accumulée, il fallait réagir

dans son dos, toujours dans son dos, s’affublaient de sobriquets les problèmes les plus graves et sans jamais qu’il soit possible de raser la table, de raser les choses, de les raser au plus près

jusqu’à les faire à sa main jusqu’à les taire

et devant l’inanité de ce tourment

le 25 juillet 19.

Post Scriptum

Laisse-moi te muséifier


Laisse-moi te muséifier
Un peu plus ou au moins un peu
Celui qui n’existe plus le sait
Il faut que la beauté loin des courants et des remous
Meure dans une éternité quelconque
Le bruit du glas sur le pavé là
Où la cruche s’est brisée
Et le chat qui léchait n’en a rien laissé
Pêche prune ou abricot posés sur un coin de la table
Dont le noyau durcit la peau
Par le hasard des couches patiemment empilées
C’est le Vernis vibrant sur le cœur au cœur de la déroute


Il faut apprendre à laisser partir la beauté dans la distance où se renferme l’horizon très loin de tout point de fuite
Sans clef sans promesse sans lumière intérieure
Juste les rideaux et les reflets et les couleurs sans parfum la vapeur d’ange et son danger
D’un œil plissé sur le dedans recoudre l’absence assassine
Sur des tissus désuets que ne touche pas la chair
Il faut savoir creuser le vide sans fraîcheur de cave
Le vide atone et sans chaleur
D’une contemplation muette effrayée sans mot
Hors de portée alors et sans pas qui ne danse un peu de côté
Alors à ce prix peut-être la paix du musée s’offrira
Prie s’il te plaît que je me dépossède de toi

Besançon et Doubs, 2 juillet 19.

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