« Le matin, à l’heure du ménage dans les pièces du rez-de-chaussée, on ouvre une fenêtre, je passe devant et bien sûr je ne m’arrête pas, mais l’espace d’un moment, j’ai une vue d’ensemble sur une pièce qui m’est étrangère et, par là, sur une parcelle de la vie d’un homme. […] Si je me promène le soir lorsque la nuit est tombée et que les lumières sont allumées, mes découvertes sont plus riches car je peux également regarder à l’intérieur des étages supérieurs. J’étudie les meubles et la décoration, je peux saisir des scènes familiales, des tranches de vie. Les gens qui ne tirent pas leurs rideaux ont particulièrement tendance à se montrer et je n’ai donc pas à me soucier de discrétion. D’ailleurs, je prends des instantanés et j’élabore et je complète ce que j’ai vu après coup. »

August Strindberg, Théâtre cruel et théâtre mystique, Paris, Gallimard, 1964, coll. « Pratique du théâtre ».
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