Face à face

La fenêtre propose un nouveau paysage
Chaque jour le même sa fumée sa buée
Brume comme un café sur les choses
Qui sont bien ordonnées par les besoins moroses

On y voit des humains mais c’est rare
Et la pensée n’a pas le temps de les saluer
Ou bien de les trouver bizarres
Ils sont là c’est ainsi

Parmi les buses les chantiers et les débris en construction palindromique
Tout se retourne en vain et se lit à l’envers et tous les fils sont électriques
Et toutes les fibres optiques
Aspirent toutes les images par le fond

C’est devenu très facile
De faire le tour du monde
Qui s’assemble chaque matin étrangement si familier
À la fenêtre d’une vue qui n’est plus suivie de pensée

D’une vue qui meurt et ne fait que tendre un reflet
Sans fond sans rien qui le retienne à la surface
Sans épaisseur et sans chagrin
Comment veux-tu qu’on se rejoigne
Au point où plus personne ne sait plus pleurer

Le monde assemblé est moins encore indifférent
À ta misère que toi-même et pour un peu
Tu giflerais ce démenti assez cinglant
À tes efforts de solitude
De ne pas tranquillement passer son chemin
De se coller ainsi comme un papier un parchemin
À la vitre du temps qui soudain plastifié
Semble un poisson gluant et pourtant transparent

Tu lui en veux comme un coquet
De s’attarder à te montrer par où tu cherches les problèmes
Par où tu perds par la fenêtre goutte à goutte tes espoirs
Sans penser à les enterrer comme si plus aucune grève
N’était étanche ou suffisamment épuisée

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