Je vis dans ma tête.

Je vis dans ma tête.

Une seule pièce.
Les objets de mon univers mental dans une fausse pagaille.
Je vis dans ma tête.
La taille d’un poumon c’est le tour de la table.
Comment les mains vont prendre le prochain pinceau.
Comment je vais tomber sur le carreau.
Comment je continue des habitudes insensées qui sont hors le monde.
Je perds mon temps, le temps me perd, je suis un monde de retraits, de reniements et d’absence.
Je crois que la fusion produit de la présence.
Je n’ai plus besoin d’échos, tout est là, passé, présent, avenir circonscrit connu de l’autre bout, surprise à étages, troubles, glissements, tout dans la courbure, le repli, le déliement.
Je danse, je danse, je dors, je dors, je m’oublie, suis en retard sur moi, je me devance impatiemment, cela fait de la boue qu’il faudra éclaircir, je me mets dans bien des positions indélicates.
Hécate n’est jamais bien loin, je souffle sur des destins et je crève bien des voiles.
Les objets de mon univers mental.
Je vis dans ma tête.
Je surplombe.
Je regarde des naufrages impuissants à faire table rase ou à briser pour de bon leur mâture.
Le dégoût tourne encore au fond d’un vieil évier.
Je m’écarte des pensées trop vives.
La préférence aux profondeurs.
Rien n’est à moi mais tout me parle.
Et j’y apprends à désaimer le monde.

16 et 17 mai 2020, Copenhague.

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