Les deux cordes

Les deux cordes

J’avais deux cordes
la lumineuse s’est usée à la courbure des âges
l’autre darde d’un fil barbelé toute la joie
des bouts de doigts partent à chaque carreau
on ne peut viser sans sacrifier sa livrée de chair
Les os sont ardents aussi
buisson qui croît crabe du secret offert à la lumière aride
arbalète intérieure qui redouble le jet
en prolonge l’écho jusqu’au fond de la moelle
mes ongles poussent en dedans et j’ai des crocs qui me dévorent en silence
à l’insu de mes rêves
j’ai ma camisole de boyaux qui se resserre
Les tendons lâchent et la moitié de mon esprit
se dissout dans la flamme
Je me peints d’Arlequin les lambeaux de ma peau
ma livrée d’épiderme
mon ventre en cachalot
dont on fera des sacs
Je tire dans un réacteur qui va bientôt exploser
la fission découdra l’ultime confusion des profondeurs
et la surface brillera de soie
la corde reviendra
elle pousse en silence jusque dans mes artères
et me fait regretter
les prairies effacées de mon revers de main

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