Personne ne devrait vivre la vie de tout le monde /Aphorismes à jouer aux dés !

Personne ne devrait vivre la vie de tout le monde

Aphorismes

à jouer aux dés…

  1. J’écris des aphorismes pour être lu un jour.
  2. Transformée en mots, toute vérité devient idiote. La même : devient docile.
  3. Quand on se revoit sur le pot, on se dit qu’on est quand même parti de bien bas.
  4. Il faut toujours juger avant de voir, comme ça c’est pas sur les apparences.
  5. À une époque où l’action est cotée en Bourse, il faut se vanter de n’avoir rien fait.
  6. Je socialise, tu socialises, il socialise mais nous ne socialisons jamais (et ils socialisent encore moins). Quant à vous, eh bien je vous épargne.
  7. Il est si épuisant d’avoir raison qu’il est bien plus malin d’avoir tort.
  8. Il me manque sans doute pas mal de cases, mais je crois qu’elles sont toutes noires.
  9. N’est pas détraqué tragique qui veut.
  10. La question qu’on devrait poser à n’importe qui avant la moindre conversation : comment ça s’est passé le premier dessin ? le premier texte ?
  11. Il y a plusieurs formes d’intelligence dont l’une s’appelle la connerie.
  12. La Littérature est une reflet de l’existence dont l’original m’échappe.
  13. Le pervers n’est qu’un type qui prend son inconscient au pied de la lettre.
  14. Vous avez tué la vie, pardonnez-moi d’aller tenter de la retrouver dans la mort.
  15. Il n’y a eu que l’homme pour trahir la vie.
  16. Imperméable à tout, aveugle et sourde à toutes les intempéries, la meilleure protection reste vraiment la bêtise.
  17. Généralement, les gens sont proches avec malveillance, ce pourquoi j’aime bien la distance bienveillante, qui est rare ; ça nous change. (On n’est pas loin de la catharsis.)
  18. La lecture est un acte chamanique : quel beau tatouage.
  19. La lecture ne coupe pas du monde, c’est une loupe sur le monde qui n’est pas dit. (A intégrer dans un développement proustien.)
  20. Je n’ai pas le temps d’être charitable. Et pourtant, dieu sait que je suis chrétien.
  21. Je n’ai aucun problème avec ma mère, je ne sais pas qui c’est..
  22. Je vis pour un seul dieu : la Vérité et la Justice (il a deux visages). Avec ça, je pourrais me payer le luxe d’être athée. Eh ben même pas.
  23. Quand ça colle avec quelqu’un, tu n’as plus qu’à te demander si c’est toi qui es à côté de la plaque.
  24. J’estime qu’une idée est bonne au bout de 3 mois. (Songer à une poire qui mûrit, paradoxalement mais très logiquement pour l’art, dans un verre, une bouteille. Très Magritte…)
  25. C’est très douloureux de faire souffrir un mec comme moi. (Et c’est pas beau à voir, encore moins à entendre !)
  26. Quelle est la plus belle chose du monde pour vous ?
    — Une fille qui se lève en slip du lit où j’ai dormi.
  27. La plupart des gens pensent par eux-mêmes, ça ne peut pas aller bien loin.
  28. Je suis Juif, et je suis Arabe : j’ai la double gueule, ils l’ont confirmé en Israël et en Palestine. Am I lucky or unlucky ? Who cares ? Certainement pas les Palestiniens (ni les Juifs).
  29. Je mens toujours, sauf quand je drague : je déverse toute ma vérité dans les oreilles, le cerveau et le cœur de l’inconnue : je suis garanti sans surprise ! (Et sans avenir sentimental.)
  30. Quelqu’un qui se mange les ongles, c’est pour limiter les contours de son corps ; de la même manière qu’on exerce sa puissance d’écriture en raccourcissant une phrase.
  31. Je ne finirai jamais seul. Je le suis déjà profondément. (Et pas au sens où on l’est tous, merci.)
  32. On ne demande jamais vraiment justice pour soi, c’est indécent.
  33. A la limite, s’il n’y a que soit de lésé, ça va.
  34. Avoir tort, enfin, avoir tort : pitié…
  35. Prière : « Laissez-moi me tromper ! », hurlait Cassandre. (Et non : « Faites qu’ils me croient. »)
  36. La seule excuse pour ne pas lire est d’être un artisan accaparé et talentueux. Les autres ne sont pas acceptables. Il faut quelque chose qui remplace.
  37. Je suis beaucoup trop humble pour être modeste.
  38. La littérature consiste à remettre les mots à leur place, à les séparer des choses. Les gens pensent et font le contraire. De là que parler beaucoup, précisément, avec scrupule, c’est justement éviter le piège qui consiste à croire que les mots sont les choses, erreur qui conduit à parler par expressions toutes faites, pour ne pas déformer les choses justement. Le littéraire est donc celui qui croit le moins aux mots, en tant qu’ils ne sont pas les choses. Le pas-littéraire accorde un pouvoir absurde aux mots : en croyant s’en méfier, il les vénère, et méprise au passage le littéraire, qu’il croit amoureux des mots, alors que celui-ci cherche à s’en débarrasser, pour atteindre les choses…
  39. Je vis dans un monde dont la première pierre a été posée par mon prof de Français en Seconde : prière de vous en prendre à lui.
  40. Laissez-moi profiter des dernières lueurs de mes cauchemars métaphysiques. (Par coquetterie.)
  41. Si on me laissait faire, je resterais au petit dej’ toute la journée. Malheureusement, et cætera.
  42. Ça sert à rien les blondes.
  43. Le problème du mec qui croit en Dieu, c’est qu’il a tendance à prendre ses névroses pour des démons.
  44. Ce n’est pas parce qu’on en est là qu’on a raison : détruire à la racine l’idée de progrès (car c’en est une).
  45. L’artiste peut être le vecteur (pas dans le sens « a le droit », dans le sens de l’anglais « might ») de passions totalement négatives ; comme par exemple le mépris absolu de l’humanité. Ils essaient de nous faire croire le contraire pour nous le faire oublier : et « Art » devient « culture » (propos nazis, selon eux).
  46. On ne vit pas pour soi mais pour que la vie s’exprime.
  47. Dieu existe-t-il ? Tu ne pourrais pas poser la question si non.
  48. On ne peut pas aimer la vie et les gens, il faut choisir.
  49. Si vous pensez vous pouvoir passer d’art, c’est que vous êtes déjà mort. Désolé. (Et le « vous » est de politesse.)
  50. Je fais fausse route, mais au moins c’est la mienne. Il vaut mieux avoir tort avec soi que raison sans. D’ailleurs ce n’est pas possible.
  51. J’ai longtemps été un être vain. » (ennéasyllabe) La preuve.
  52. – C’est du ressentiment, pas de la haine.
    – Le ressentiment est une catégorie de la haine.
    – Non…
    – Gnagnagna, gagnons du temps ; tu retomberas sur mes pattes.
  53. (A propos du fait que je mange comme un ogre en restant mince et de mon argutio sur la transformation instantanée des aliments en haine ou en enthousiasme prométhéen dans mon métabolisme névrosé. Argutio refusé par celle qui me mit au monde. Ce n’est pas rien, « loin s’en faut », mais « je n’en puis mais », ah ah…)
  54. Je suis un être pétri de doute ; même mon estomac hésite à digérer ce que je mange.
  55. Je ne sais pas qui vous avez épousé, mais c’est une erreur.
  56. On ne se noie jamais aussi bien profondément qu’à la source.
  57. J’aime les filles qui portent leurs livres sur leur visage.
  58. J’aime les filles qui ont le cerveau qui ressemble à un livre.
  59. J’envie la langueur des algues.
  60. La vie est une sève, elle pousse dans les arbres.
  61. Et y a toujours un mec pour dire : ouais j’aime bien ça, mais, là, il est moins bon, il exagère, etc.. T’es qui mec ? On t’a donné le droit de vote, ça devrait te suffire, non ? Eh non, le mec continue à se croire d’un avis nécessaire. C’est pas comme ça que j’ai abordé les grands artistes, pour ma part.
  62. S’il y a un truc qu’on ne peut pas me reprocher, c’est de parler latin !
  63. La possession, c’est quelque chose d’abject. A moins que ce ne soit par Satan, là ça peut être rigolo.
  64. Tu mets une trace de cul dans un texte (même la plus infime allusion), les gens ne retiennent que ça : ça fait tache d’huile. La lecture est un mazoutage par le fondement, véridique.
  65. Je crèverai vivant.
  66. Familiarisation au camping : au resto, au début, je numérotais la place de mon briquet, à la fin j’y oubliais mon ordi.
  67. Je suis du niveau de Godard dans la littérature. Pas plus, peut-être moins.
  68. J’aime beaucoup ma culture littéraire, ce n’est pas le problème. Je ne veux juste pas être aimé pour elle, elle et moi c’est deux choses différentes. Notamment, parce qu’elle est très imparfaite. Après, si on la néglige, je me fâche.
  69. Quand tu peux respecter la langue, fais-le. Il faut vraiment que ce soit nécessaire de la bâcler. (À propos de l’élision des « e » pour faire « oral » ; déjà que ça c’est sujet à caution…)
  70. Admettons qu’Hugo ne soit qu’un art : et quand même, encore. (Même 93 avec ces dialogues dramatiques à la Ruy Blas, même…) (Halmalo et Lantenac, p. 1019, il rattrape la nullité de son scénario, nul du point de vue romanesque.) (« Ce sont des chevilles à la Dumas !… ») La trame au service des scènes : Michelle Fléchard transcendée par l’horizon de la tour (la Tourgue). (p.1021)
  71. A propos d’un naturaliste méconnu : tu en lis dix, tu les as tous lus. Le grand art est comme le petit : il se répète ; mais dix fois moins.
  72. Personne ne détient la vérité de la langue. D’où sa force. On en grappille tous des bouts, à nos meilleurs moments.
  73. La seule possibilité d’aimer deux personnes : à condition que ce soit la concomitance de deux amours ; ce n’est pas l’une qui permet d’aimer l’autre : elles ne se compensent pas. D’où l’horreur de cette justification :  » je les aime différemment. « 
  74. Armelle, à un c près on n’entendait pas parler de toi.
  75. A V., l’élève timide parce que complexée de son embonpoint : mais vous avez une plume ! C’est un oiseau ! Osez !
  76. L’hyper-sensibilité n’existe pas, il est normal d’être facilement meurtri.
  77. Ce n’est pas que j’ai beaucoup souffert : c’est que je n’ai fait que souffrir. Expérience intéressante, comme toute expérience exclusive, ni plus, ni moins.
  78. Tu imagines bien si je suis pressé d’atteindre un but qui n’existe pas.
  79. On pue tous un peu la mort mais y en a sur qui elle sent meilleur.
  80. C’est pas une muse que j’ai, c’est une interlocutrice.
  81. Je ne suis pas assez malin pour me dispenser de lire.
  82. Je ne suis plus assez jeune pour me fâcher et pas encore assez vieux pour venir quand même. (A une jeune fille qui finit par vous inviter par politesse à 40 ans.)
  83. Je n’ai pas à écrire c’est comme ça que je pense. (Après l’article Pour en finir avec la dépression.)
  84. Toutes les blagues ont déjà été faites. (Joseph)
  85. Les gens veulent être admirés. Ils ont bien tort ; s’ils savaient…
  86. Penser à l’Inde, une vache couchée sur les rails arrête le train et tous multiplient les signes de dévotion pour qu’elle bouge : éclat de rire car les vaches sont les animaux les plus cons de la création, elles s’en battent littéralement le pis.
  87. C’est sûr que c’est pas dans les 3 centimètres cube de son cerveau qu’elle risque de se perdre. (A une bourgeoise qui pérore sur les égarements du saltimbanque.)
  88. Avec Modigliani, on est d’a-ccord.
  89. Je ne fais qu’expérimenter ce que vous vous êtes interdit ou qui vous a fait peur, mais que vous avez pressenti : en ce qui nous concerne tous les deux, rien de plus. Suis-je le bouc émissaire ou le sauveur ou l’insignifiant anecdotique ? On ne saura jamais, quelque temps qu’on passe à y réfléchir…
  90. – Que vous inspire les femmes ?
    – Comme sentiment, la peur. Comme réflexion, l’angoisse.
  91. Vous vivez sur la terre. Pauvres de vous. Pauvres terriens.
  92. Surtout n’allez pas mal. On vous le reprochera.
  93. – Pas de souci.
    – Ben si.
  94. J’ai appris à me méfier du réel. Même au plus fort de la joie. Surtout, au plus fort de la joie.
  95. L’espèce humaine est une expression abusive.
  96. Il faut vivre la naissance et la fin du monde chaque jour. Garanti contre l’embourgeoisement.
  97. Les gens pensent que leurs sentiments leur donnent des droits. Rien de plus fasciste.
  98. « Apprendre à se connaître », comme si connaître s’apprenait.
  99. On se connaît d’instinct ou on ne se connaît jamais.
  100. Rendez-moi tout l’argent que j’ai bu !
  101. Je ne suis absolument pas rancunier : je ne pardonne jamais rien.
  102. Benoît a renoncé aux vanités depuis bien plus longtemps que moi. Vu que je n’y ai pas encore renoncé.
  103. Mes aphorismes oscillent dangereusement entre La Rochefoucaud et les blagues carambars.
  104. Mais juste le fait d’être en vie devrait vous inquiéter.
  105. Ouais l’autre il triche, il croit en Dieu.
  106. La capacité la plus effarante de l’homme est celle de ne pas se poser de questions.
  107. Tarantino passe bien pour un cinéaste.
  108. Tarantino fait bien des films.
  109. La vérité, le plus possible.
  110. A chaque fois que je mets un pied devant l’autre, je me demande si c’est le bon.
  111. Vous croyez à des trucs qui me font rire. Je crois à des trucs qui vous effraient. Et vous croyez encore à l’équation. Quelle pitié…
  112. Se sentir intégré comme idéal : s’il vous plaît, enfermez-moi. Plus fort, plus serré, je peux encore bouger la tête.
  113. J’ai pris une tête de cul, pour vous présenter ma météo de merde. Autrement dit, je la chie.
  114. Il n’y a QUE de sots métiers.
  115. L’humain riche n’est pas beau à voir. L’humain pauvre peut l’être.
  116. Un système nerveux, oui, mais dans son cas, on ne peut pas parler de cerveau, je t’assure.
  117. Lucifer est sincère. Sinon c’est Bernard Tapie, au hasard. Ou Macron.
  118. Je peux tout vivre. Je ne dis pas que je le vivrai bien. Mais je peux tout vivre.
  119. Satan ne jouit pas. Satan refuse de jouir. Satan fait tomber, Satan frustre : c’est ainsi qu’il jouit.
  120. Le symbole a ceci de pratique qu’il n’est pas vécu sur le mode de l’expérience.
  121. Mon espace vital réside dans les recoins.
  122. Si tu ne sais pas être seul, nous ne pouvons rien nous dire.
  123. Le problème du féminisme, c’est qu’il ne nous laisse pas grand chose à bander.
  124. Ce n’est pas un connard, c’est un vendeur.
  125. La conscience doit être curieuse d’elle-même ou alors pas du tout : le poète ou l’animal. Il n’y a pas d’entre deux, pas d’intermédiaire ni d’hybridation, juste un immense à-côté qui se réduit à rien et que rien ne sert d’évoquer.
  126. Dans une meute, je serais à l’Ouest.
  127. Heureusement qu’il y a eu la civilisation. Serais pas là sinon.
  128. La bourgeoisie se définit comme un remplissage.
  129. Parfois je romps. (Joseph)
  130. Une blague de Sénèque, c’est un suicide raté.
  131. Je parle souvent seul. Ça permet de maintenir un certain niveau de conversation.
  132. Je parle souvent seul. Mais je suis parfois déçu du niveau de la conversation.
  133. C’est au réel à être suffisamment fort pour ne pas se laisser analyser.
  134. La gentillesse c’est vraiment la vertu des salauds.
  135. La pédagogie est une branche de l’indécence.
  136. Les gens qui parlent seuls sont ceux qui ont cessé de chercher un partenaire décent.
  137. Je ne suis pas assez bourré pour te parler.
  138. Plus les gens sont cons et plus ils croient qu’ils ont des droits. Conclusion ?
  139. Im running out of hair. (“Stress” de calvitie.)
  140. Mon amour n’arrivait pas à l’envelopper. Elle le tirait dans tous les sens pour lutter contre les courants d’air.
  141. Les mots n’ont strictement aucun sens et c’est pour cela qu’il faut les connaître tous.
  142. Ça serait con de mourir sans s’être posé les bonnes questions.
  143. Dès lors que tu penses, tu passes pour un personnage.
  144. Je suis fidèle à moi-même, donc pas aux gens.
  145. Il a l’esprit maçonnique. Il pense comme un parpaing.
  146. Il y a plein d’intermédiaires entre l’homme et l’animal et la plupart sont des hommes.
  147. Il faudrait sans doute aller dans les bas-fonds pour retrouver une peu de dignité.
  148. Le problème du métier de prof c’est que les gens intelligents font autre chose.
  149. Si un mot peut vous définir, tu mérites qu’on t’appelle mademoiselle. Mais pour les mauvaises raisons.
  150. L’art d’être branleur. (Nicolas Hulot, par exemple.)
  151. Excusez-moi, j’ai du talent : pas taper, pas taper…
  152. Avec le temps je deviens médiéval.
  153. Ça sert à rien d’être beau à vingt ans, l’idée c’est de l’être à 50.
  154. Le vivre ensemble est surtout fait pour les gens qui devraient vivre tout seuls.
  155. Vous m’obligez à être de droite. Ou alors c’est eux…
  156. C.Q.F.D. : ce connard qu’il fallait démonter.
  157. Pour moi, un prof, c’est un livre vivant.
  158. « Je suis désolé d’être fasciste. » est la seule excuse dont se dispense le fascisme moderne.
  159. Le bouc émissaire de l’époque ne peut être qu’arrogant. Pour faire passer, entre autre, toute cette fausse modestie du néant.
  160. Les gens ne supportent plus que quiconque n’attende rien d’eux. Ils ne veulent être annulés par personne, ils trouvent ça fasciste. Pour le coup, c’est vraiment celui qui dit qui y est.
  161. Être modeste faute de moyens : belle arrogance.
  162. Tout un chacun est devenu un vrai petit Salomon.
  163. Le destin a tendance à se mêler de tout, même de ce qui ne le regarde pas.
  164. La critique est une vaine tentative pour répondre à des questions que les gens ne poseraient pas s’ils étaient capables d’en comprendre les réponses.
  165. Si tu poses la question c’est que tu ne peux pas comprendre la réponse.
  166. Les hommes ne vous ont pas fermé la bouche, ils ont bâillonné vos prédécesseuses.
  167. Et Dieu sait que je hais la sociologie, réduction des êtres à un dénominateur commun : la classe, qui, en plus, par les mêmes (ce avec quoi ne suis toujours pas d’accord), est supposée ne pas exister. On croit rêver, pardon : cauchemarder.
  168. La sociologie est la négation de la négation, par paresse, au nom d’un résultat positif.
  169. La Pythie puait grave aussi paraît-il.
  170. C’est la couleur de l’intérieur de mon manteau.
  171. Pitié, Delphes !
  172. L’ombre de rapport humain qu’on puisse espérer entrevoir parfois passe par le charme, pas par les explications.
  173. Les rapports humains actuels me font penser à une leçon d’Éducation Civique.
  174. Depuis quand est-ce qu’on a le temps de manger ?
  175. A force d’aimer l’humain dans l’homme on finit par ne plus savoir aimer l’homme dans l’humain.
  176. On ne s’adapte pas à l’amour de sa vie.
  177. Je suis trop curieux pour me flinguer.
  178. Moi au moins j’ai le courage d’avouer que la vie me fait peur.
  179. Moi je suis content quand la vie est célébrée par la joie de quelqu’un.
  180. Oui, mais vous les séduisez par votre langage. – Euh… oui.
  181. Il ne faut jamais s’expliquer. Même ça c’est de trop.
  182. Pas de génie pour le sociologue. Partant pas d’art. Des activités, plus ou moins plaisantes, fonction d’un goût déterminé par tout sauf l’art, mort entre leurs pattes d’ours méchants et aveugles.
  183. Le sociologue est un géomètre qui s’est mis à la dentelle.
  184. Il y a ceux qui s’assoient au piano et il y a ceux qui en jouent.
  185. A-t-on encore droit au mépris ?
  186. La gentillesse n’existe pas. La sainteté, à la rigueur…
  187. Ferme la porte s’il te plaît. Non, avec toi derrière.
  188. Échanger est devenu un horizon si indépassable dans les esprits bornés qui ne voient rien au-delà de la communication, et donc de l’entreprise, qu’ils l’utilisent désormais en emploi absolu. La disparition du complément achevant la mort du langage. On devrait carrément dire télécharger. Et fusiller ceux qui ne veulent pas.
  189. Quand mon ordi rame, j’ai l’impression d’être malade.
  190. Les gens qui vont au fitness ont plus de mal à saisir le débat de l’âme et du corps, c’est prouvé.
  191. La « mise au travail » a bien raison de décourager les élèves.
  192. « On se réunit pour échanger » scelle le triomphe absolu de l’entreprise, devenue invisible comme au panopticon.
  193. Les Nazis ont gagné la guerre. Et cela ne relativise pas le nazisme.
  194. Dans ton enthousiasme un peu puéril pour tout ce qui te dépasse, tu n’as pas dû bien saisir qui j’étais.
  195. Ils veulent vous ramener à leur hauteur ou vous abattre. Heureusement, cela revient au même.
  196. Ne jamais se laisser admirer.
  197. C’est vrai qu’on est des roseaux pensants. Ne jamais penser devant les gens, par conséquent, pour éviter qu’ils ne vous pissent dessus.
  198. Les gens croient toujours que vous attendez qu’ils répondent.
  199. Ce n’est pas un point de vue, c’est la vérité.
  200. Je comprends ton point de vue. – Non, la preuve.
  201. Je ne veux pas être compris !
  202. Amour est féminin au pluriel seulement.
  203. Ce n’est pas que je ne l’imagine pas, c’est que je m’entraîne à m’en foutre.
  204. Ça parlera toujours malgré tout.
  205. Est-ce l’alcool ou la littérature qui va gagner. C’est pas pareil.
  206. Au fond, on ne se sent, proche de personne.
  207. De toute façon, l’humanité m’emmerde.
  208. Ce qu’on appelle pensée est une succession de mots. Pour le meilleur et pour le pire. Quoi qui échappe à ça appartient au Bouddhisme, par un bout (Da !) ou un autre.
  209. J’aimerais bien avoir ce corps à 40 ans. Sachant que j’en ai 42.
  210. À la fin il faudrait pousser un grand « bref ».
  211. Je suis tellement feignant que je suis obligé de travailler beaucoup. Et pas que sur moi.
  212. Le Christ a-t-il le droit de se refuser ?
  213. Il y a des phrases qui sont plus que des phrases. Peut-être celle-là.
  214. Tout le monde est belle.
  215. Est-ce que tu n’as déjà pas pris de la coke ?
  216. – Tu fumes ? – Les joints, ça compte ?
  217. Vous n’avez rien trouvé de mieux à faire que des mômes, sérieusement ?
  218. La modestie peut être une forme d’égoïsme.
  219. Je n’ai aucun respect pour lui, je l’aime trop. (Ben)
  220. Les meufs n’ont pas besoin de prier Dieu, elles sont naturellement spirituelles, donc à Sa hauteur. Et elles nous regardent prier, amusées… Qu’auraient-elles à attendre quand on les comble de nos regrets ? De notre manque qui les fait pure absence.
  221. Tous ceux qui ont amassé le moindre sou en ce bas-monde doivent être fusillés.
  222. Nous sommes dans une parenthèse de l’humanité, hopefully.
  223. L’intelligence n’est donc plus qu’une compétence parmi d’autres. (Qui doivent donc relever de la sottise.)
  224. Il faut rugir calmement.
  225. Je ne suis pas assez intelligent pour être avec une idiote ni assez cultivé pour être avec une ignorante.
  226. La terre est plate comme un crachat.
  227. Je ne vois pas l’interêt de vivre en-dehors des fantasmes.
  228. Cynisme contemporain : il faut bien qu’il y en ait qui soient heureux.
  229. Soit j’ai rien à foutre sur terre, soit c’est vous.
  230. Je suis tel la hase avec ses petits : j’abandonne tout ce qu’ont touché les hommes.
  231. Il faut s’opposer à absolument tout le monde pour faire quoi que ce soit.
  232. A chaque fois que tu veux pousser un truc à fond, tu te fais traiter de secte.
  233. Pas de mélancolie américaine.
  234. Il vaut mieux être un chasseur qui se rêve cueilleur que l’inverse.
  235. Un avortement vous sépare à vie.
  236. Les humains s’adaptent très bien à l’absence de sens : essayer de ne pas les plaindre.
  237. Le Mal n’est qu’une réponse.
  238. Problème quand on vit en-dessous de ses capacités, c’est qu’on finit par les croire infinies. C’est même une façon de s’excuser de la vie qu’on mène.
  239. Ça se voit bien au Mc Donald’s que personne n’a lu Stendhal.
  240. Je regarde la vie du point de vue de l’au-delà.
  241. Après une intense communion entre amis : on commence à déraper dans l’ego qui nous dévore.
  242. Ne méditez pas sur la fin des temps quand vous êtes inscrits dans l’actuel.
  243. Les gens les plus tristes sont par nécessité les plus drôles.
  244. Le couple n’est pas ce que je préfère en l’homme.
  245. L’âme est dans la poitrine, là où ça cogne et ça suffoque.
  246. La sagesse est de n’avoir aucun vœu pour le génie de la lampe.
  247. Pourris ta vie qu’elle soit destin, fumier de Job.
  248. Politiquement, non, mais sexuellement c’est très correct.
  249. Je suis obligé de parler beaucoup parce que tu ne comprends rien.
  250. C’est parce que tu demandes que ça paraît compliqué.
  251. Je ne suis théorique que parce que tu as besoin d’explications.
  252. Si je parle un jour de ma direction assistée, je veux une balle dans la nuque.
  253. Me rejoindre c’est s’inscrire dans un poème.
  254. My mind is written in French.
  255. Tu ne peux pas être original mais tu peux jouer à ta manière.
  256. On ne vit pas sur la même planète. Je le sais parce qu’il n’y en a pas beaucoup qui vivent sur la mienne. Donc je les reconnais de loin.
  257. Oh vous savez, vu que Rimbaud est mort, ce n’est pas grave.
  258. Même Rimbaud est mort. (C’est dire.)
  259. Quand on est pour la paix, on entre en guerre avec tout le monde.
  260. Tu ne poserais pas la question si tu pouvais comprendre la réponse.
  261. L’isolement intellectuel est une prison en dur. L’isolement moral est une prison de flammes.
  262. Aujourd’hui quand on parle, les gens vous disent : « C’est de qui ? »
  263. Pastis italien (pléonasme) : « El concombre dou dézir il doit pas étré tout mou ! »
  264. J’avoue, pendant toutes ces années, j’ai essayé de penser par moi-même.
  265. Savoir quelque chose aujourd’hui est tellement suspect qu’on vous lyncherait de parler en public sans Power Point.
  266. Les élèves vous regardent avec de drôles d’yeux quand vous parlez : c’est qu’ils attendent des documents bien sûr.
  267. Le document est un des assassins du livre. Le C.D.I. de la bibliothèque.
  268. La voix humaine est-elle devenue à ce point odieuse ?
  269. Faites donc un monologue, ou essayer de passer sous un train. Entre les palles d’un ventilateur. Selon l’humeur.
  270. La plupart des hommes décident de s’assoir sur ce qu’ils ressentent après 20 ans. Et ils règlent la planète.
  271. Je crois que ce qui m’angoisse le plus c’est que les autres ne le soient pas.
  272. Ça va pas ? – Non. – Pourquoi ? – Pour ça.
  273. Je ne serais pas angoissé si vous l’étiez.
  274. La plupart des mecs veulent qu’on leur coupe les couilles. Et hurlent le contraire.
  275. – May I have a French kiss ? – May I have an American blow job ?
  276. Comme si j’avais besoin d’une raison pour aller mal.
  277. Je suis toujours plus dans l’opéra que dans la conversation. Que de méprises.
  278. Ah oui, quand on se plaît c’est plus dur.
  279. Si tu sépares le fond et la forme, c’est que tu te racontes une autre histoire que celle que tu lis.
  280. La question n’est pas qui suis-je mais quand suis-je.
  281. Je suis un très mauvais interprète de la muse Littérature.
  282. Je ne suis pas impatient, je suis possédé par l’urgence.
  283. Que faut-il faire pour avoir l’impression de vivre ?
  284. Ils croient que je vais moins bien qu’eux, ça les rassure.
  285. Mais quelle vie avez-vous donc choisie pour qu’elle ne vous laisse pas le temps de lire ?
  286. Il faut fuir comme la peste les gens qui vous disent que vous vous posez trop de questions. Comme elle, ils veulent votre mort.
  287. Je suis d’une naïveté qui m’a longtemps servi de garde-fou.
  288. Ça se lit bien ne peut pas être un compliment !
  289. Quand on dit « je », ils croient qu’on parle de soi. Un peu comme si, en disant « ils », je parlais d’eux.
  290. Platon : « Le monde sensible… », Trucmuche : « Oui mais moi je te trouve que non. »
  291. Il faut vivre dans le seul espace vivable et vital, qui est au-delà de la mort.
  292. No I’m not into girls. But I’m not into boys either. I’m into nothing.
  293. L’humanité se joue par les extrémités, les meilleures comme les pires, rarement par le milieu. L’époque voudrait nous faire croire le contraire. Mais l’époque n’est qu’époque.
  294. Je n’ai jamais souffert d’aucune injustice, le monde a toujours été juste avec moi.
  295. Mon tailleur est réaliste.
  296. Ce n’est pas un appartement, c’est un mausolée.
  297. On a quand même le droit de savoir comment et où on va crever, non ?
  298. Je fais confiance aveuglément ou pas du tout. C’est mon côté Tirésias.
  299. Certains ont le complexe d’Œdipe. Moi c’est celui de Tirésias.
  300. Je suis le fils de Tirésias et Cassandre. Les DEUX sont vierges. Qui dit mieux ?
  301. Quand tu es tout seul, ton appart est plus petit.
  302. It’s not a game to lose everytime.
  303. Je me demandais ce que le cinquante-septième serait. (Benoît)
  304. La vie est faite pour aller au restaurant.
  305. Il n’y a plus que les anxieux qui sifflent.
  306. C’est tellement facile d’être seul.
  307. Après 40 ans, tu économises pour te soigner les dents.
  308. On est toujours tout seul au gouvernail, la roue n’est pas assez grande. Et la forme pas pratique.
  309. Il faut insulter le géomètre initial.
  310. Je suis tout de même le premier à savoir que je suis ravagé. Merci.
  311. Je ne vis que pour être critiqué.
  312. On n’écrit pas si on n’est pas complètement damné.
  313. Tu sais bien, mon meilleur ami, que je sauverai toujours l’honneur avant la foi.
  314. Le seul truc à connaître, c’est l’histoire de son esprit.
  315. On peut être spirituel sans être transcendant. L’inverse est plus houleux.
  316. Il ne faut jamais avoir pitié des cons, ils finissent toujours par vous le faire payer.
  317. J’ai élaboré ma masculinité contre les hommes, race abjecte depuis le lycée.
  318. Quand c’est tendu comme ça sous la toile du pantalon, ça peut faire la taille que ça veut.
  319. On ne serait pas parlé si on n’était pas parent.
  320. Vie de famille est une expression mortuaire.
  321. L’intelligence d’un gros chien, à peu près.
  322. Mon appart est plus grand quand je suis saoul.
  323. J’existe pour dire qu’il faudrait une virgule là où certains voudraient mettre un point.
  324. On ne peut faire qu’une toute petite partie du travail. D’où l’intérêt de se compléter. Et de se suivre : même rythme.
  325. Le cerveau rend jolie.
  326. Les gens désespérés sont les gens les plus drôles. / J’en connais d’épuisés qui sont des farandoles.
  327. Il faut rester pauvre avant d’être intelligent.
  328. Vous êtes trop belle pour que je sois drôle.
  329. Vous êtes belle, vous n’avez aucun besoin de mon humour.
  330. Bien sûr que Carrère c’est gnagnagna, mais quand même.
  331. Je ne me fourbirai pas l’esprit à vous trouver des onyx. Na !
  332. Pensée, je ne crois pas – une activité réflexe, tout au plus.
  333. Tu siffles, tu tousses : sympa la vieillesse.
  334. C’est quoi ton animal totem ? – Le porc-épic, connasse.
  335. On se réincarne à chaque seconde.
  336. Blague bouddhiste : le Bouddhisme est une blague.
  337. Dernières paroles du Crucifié: “Il manque un clou !”
  338. La première chose de laquelle la pensée doive décoller, c’est la paroi du crâne.
  339. Cesser d’espérer c’est commencer à vivre.
  340. Je ne suis pas un être angoissé c’est l’Être qui est angoisse.
  341. J’en suis après les femmes.
  342. L’angoisse n’est pas ce qu’on croit.
  343. On se rate forcément, c’est ça qui est beau : comme les trains, comme les étreintes.
  344. Prouvez-moi donc que Dieu n’existe pas.
  345. On ne se voit plus parce que tu vis bas.
  346. Dieu n’a pas besoin qu’on croie en Lui.
  347. Mais Dieu aussi est athée.
  348. Ça sert à rien de pas boire.
  349. Je n’ai aucun problème avec l’alcool. C’est l’alcool qui a un problème avec moi.
  350. Pour beaucoup connaître c’est démystifier. On ne peut être plus ennemi du savoir.
  351. Le savoir s’épaissit d’ignorance, en la creusant il la déploie.
  352. Ce n’est pas en parlant pour tous qu’on parlera à qui que ce soit ; c’est en ne parlant à personne qu’on parle pour tous.
  353. Ah tu vas avoir 40 ? Je croyais que tu les avais déjà passés.
  354. Moi je dois louer une salle pour ma crémaillère.
  355. Disons que si tu lis ça un jour où ta principale obsession est de savoir où en est la langue française, tu te suicides. (Despentes)
  356. Ah ça fait mal au cul de voir certains seins.
  357. L’intérêt est bien compris. La simplicité bien entendue.
  358. You can’t touch me but with your hands.
  359. Pourquoi Staline ? Parce qu’il en avait l’opportunité et que ça l’amusait.
  360. La profondeur contemporaine s’arrête au camp de concentration.
  361. Ratons-nous en beauté !
  362. On n’emmène pas son goûter quand on veut jouer dans la cour des grands.
  363. La vie consiste surtout à se retenir de boire.
  364. Pourquoi croirait-on à ce qui n’est pas ? Pourquoi l’homme serait-il si mal fait ?
  365. Le racisme est né avec l’image télévisuelle.
  366. Pour arrêter une drogue, il ne faut jamais prendre la dernière.
  367. On voit qu’elle a dû être une belle femme. – Le problème c’est qu’elle a trente ans.
  368. C’est pas beau, l’humain pas policé.
  369. N’exigez pas l’amour, c’est une denrée rare.
  370. Je vis dans un monastère ambulant. Que j’emmène souvent en Enfer.
  371. Les hommes ont tendance à se remettre bien vite du mystère d’exister .
  372. Il croit beaucoup, Nietzsche.
  373. L’économie est par essence non-verbale.
  374. La culture n’est supportable qu’à l’abri de l’argent.
  375. Le narcissisme est tout de même plus facile à éviter pour certains.
  376. Culture d’entreprise est une expression d’inculte.
  377. Le charme de la lecture c’est l’impression d’être compris comme jamais.
  378. T’as vu, je me suis tatoué une saucisse de Frankfort sur la bite ? — Non.
  379. Tu t’es tatoué quoi sur le ventre ? — Rien.
  380. Avec toi j’ai l’impression d’être bête. — Et sans moi tu ne la sens pas ?
  381. On ne jouit que du Temps-qui-passe.
  382. Elle est magnifique. Comme la plupart des meufs.
  383. Nobody but the Devil.
  384. Tu sais, c’est pas grave d’être jeune.

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