COLLECTOR ! Oh lutins de bordel (Premières moutures)

Voici la première version du texte « Oh Lutins de bordel de merle », abandonnée au profit du texte finalement mis en musique par Alban Bouquette et repris sous une forme Rap par Julian et Stan. Trois différentes moutures de cette première version : c’est collector…

Oh lutins de bordel

1/ et si le vie me disait basta moi quand j’y pense je suis juste un peu plus chocolat on me dit mec il faut résister sans se plaindre moi qui n’ai même pas eu le temps d’exister alors je gonfle un matelas dans la soudure j’ai fait bien pire j’ai vu des corps j’ai la peau dure je rêve des bords de l’Épire pour recouvrir mes cicatrices pas facile de nager entre les barbelés

2/ c’est un gros con qui me tutoie et qui plaisante sur ma femme tous les matins je me retiens je remets du pétrole au Carrouf’ et je m’allume la troisième clope ils vont encore me choper flash moi je dis rien c’est dégueulasse l’émir Qatar et je m’efface j’y vais à pied la prochaine fois un peu à la souris des hommes ou juste un peu l’est d’Éden à bout du souffle car ce gros con qui me tutoie je ne peux pas me l’encadrer on m’a appris à rapiécer à patienter mon bonhomme (quand on a rien) je ne suis plus moi je suis un saint

3/ on m’a demandé de changer ma vieille bagnole et ma télé je n’y peux rien je ne peux pas acheter eh puis devant ma maison vide il y a les fumées de l’usine une qui produit des bouquins qu’on catalogue avec chariots automatiques moi qui sais lire je suis serein même s’ils les brûlent moi je retiens j’ai dans la tête toute la planète et je sais bien qu’on visitera plus jamais le Pôle la cartographie des planètes on l’inventera quand tout fondu quand tout brûlé il n’y aura plus que des squelettes

4/ il faut que je crosse la rue car il paraît que toute Palmyre est au-delà de ma paresse alors j’étire le temps la lutte et la détresse j’en fais des arcs pour ne plus fuir tous ces moments bien dépressifs où je n’ai plus la place pour deux le voisin m’a dit paresseux tu veux la grève et empêcher ceux qui sont là pour travailler les gens sérieux n’ont vraiment plus rien à penser je les tutoie dessous les cieux je donne un œil et puis mon bras pour le linceul c’est toi qui vois

5/ la mer la vie la traversée il faudrait vouloir quelque part être tout prêt d’abandonner et puis juste au dernier moment prendre sa main prendre son temps et recommencer une histoire même si c’est niais même si c’est rien trouver la voix qui nous remue bien au-dedans

Damnés

et si le vie me disait basta moi quand j’y pense je suis juste un peu plus chocolat
on me dit mec il faut résister sans se plaindre moi qui n’ai même pas le temps d’exister
alors je gonfle un matelas dans la soudure j’ai fait bien pire j’ai vu des corps j’ai la peau dure
je rêve des bords de l’Épire pour recouvrir mes cicatrices pas facile de nager entre les barbelés

c’est un gros con qui me tutoie et qui plaisante sur ma femme tous les matins je me retiens
je mets du pétrole au Carrouf et je m’allume la troisième clope ils vont encore me choper flash
moi je dis rien c’est dégueulasse l’émir Qatar et je m’efface j’y vais à pied la prochaine fois un peu à la souris des hommes ou juste un peu l’Ouest d’Éden à bout du souffle je vertigo
car ce gros con qui me tutoie je ne peux pas me l’encadrer
on m’a appris à rapiécer à faire patienter mon ego faut patienter petit bonhomme
quand on a rien je suis plus moi je suis un saint économe

on m’a demandé de changer ma vieille bagnole et ma télé je n’y peux rien peux pas acheter
eh puis devant ma maison vide il y a les fumées de l’usine une qui produit des bouquins
qu’on catalogue avec chariots automatiques moi qui sais lire je suis serein même s’ils les brûlent
moi je retiens j’ai dans la tête toute la planète et je sais bien qu’on visitera plus jamais le Pôle
la cartographie des planètes on l’inventera quand fondu quand tout brûlé il n’y aura plus que des squelettes

il faut que je crosse la rue car il paraît que toute Palmyre est au-delà de ma paresse alors j’étire
le temps la lutte et la détresse j’en fais des arcs pour ne plus fuir tous ces moments bien dépressifs
où je n’ai plus la place pour deux
le voisin m’a dit paresseux tu veux la grève et empêcher ceux qui sont là pour travailler
les gens sérieux n’ont vraiment plus rien à penser je les tutoie dessous les cieux

je donne un œil et puis mon bras pour le linceul c’est toi qui vois
la mer la vie la traversée il faudrait vouloir quelque part
être tout prêt d’abandonner et puis juste au dernier moment
prendre sa main prendre son temps et recommencer une histoire
même si c’est niais même si c’est rien trouver la voix qui nous retient et nous remue bien au-dedans
allez fils je te laisse ici j’ai une main ou bien un œil à sacrifier pourtant je siffle entre mes dents

Damnés

et si le vie me disait basta
moi quand j’y pense je suis juste un peu plus chocolat
on me dit mec il faut résister sans se plaindre
moi qui n’ai même pas le temps d’exister
alors je gonfle un matelas dans la soudure j’ai fait bien pire
j’ai vu des corps j’ai la peau dure
je rêve des bords de l’Épire pour recouvrir mes cicatrices
pas facile de nager entre les barbelés

c’est un gros con qui me tutoie et qui plaisante sur ma femme
tous les matins je me retiens
je mets du pétrole au Carrouf et je m’allume la troisième clope
ils vont encore me choper flash
moi je dis rien c’est dégueulasse l’émir Qatar et je m’efface
j’y vais à pied la prochaine fois un peu à la souris des hommes
ou juste un peu l’Ouest d’Éden
à bout du souffle je vertigo
car ce gros con que j’impressionne jusqu’à la fin je voussoierai
car ce gros con qui me tutoie je ne peux que le conjuguer
à l’irréel du passé
on m’a appris à rapiécer à faire patienter mon ego
faut patienter petit bonhomme quand on a rien
je suis plus moi je suis un saint économe

on m’a demandé de changer ma vieille bagnole et ma télé
je n’y peux rien peux pas acheter
eh puis devant ma maison vide il y a les fumées de l’usine
une qui produit des bouquins
qu’on épilogue avec chariots automatiques
moi qui sais lire je suis serein même si ma main n’est plus qu’un clic
je sais comment tourner les pages comme un déclic aux lendemains
quand les écrans sont chronophages
moi je retiens j’ai dans la tête une planète
et je sais bien qu’on ira plus jamais au Pôle
la cartographie des astres tu l’inventeras
quand tout fondu quand tout brûlé
il n’y aura plus que des squelettes
mollard par-dessus mon épaule

il faut que je crosse la rue car il paraît que toute Palmyre est au-delà de ma paresse alors j’étire
le temps la lutte j’en fais des nœuds je suis pas marin mais soucieux
j’en fais des arcs pour ne plus fuir
sur l’arbalète du temps je tire avec mon reptilien qui guette
tous ces moments bien dépressifs où je n’ai plus la place pour deux
le voisin m’a dit paresseux tu veux la grève et empêcher ceux qui sont là pour travailler
les gens sérieux n’ont vraiment plus rien à penser
je les tutoie dessous les cieux

je donne un œil et puis mon bras pour le linceul c’est toi qui vois
la mer la vie la traversée il faudrait vouloir quelque part
être tout prêt d’abandonner et puis juste au dernier moment
prendre sa main prendre son temps et recommencer une histoire
chiche si c’est niais chiche si c’est rien
trouver la voix qui nous retient et nous remue bien au-delà
allez fils je te laisse ici j’ai toute ma vie à sacrifier
pourtant je siffle entre mes dent

et donc le texte final :

Oh lutins d’ bord d’aile de merle

Y a plus grand mond’ qu’attend grand chose
On s’en r’met tous à n’import’ quoi
La barbarie reprend la pose
On s’entretue pour l’Nutella
Reprends donc du Bouddha aux roses
J’te fais le Christ en chocolat
L’épine à deux euros la dose
J’te vends le Prophète en tanga
J’ai un Yaweh en cellulose
Vas-y allum’ reprends ta dose
BFM tend toujours les bras

Oh lutins d’ bord d’ ail’ de merle
Oh lutins d’ bord d’ aile

J’ai plus la main mais pour demain
Je prévois des apocalypses
Des parodies anachroniques
Et des défilés clandestins
Dans le lycée chauffe la braise
Dedans l’usin’ c’est tour de rein
Qu’on pêche ou poste on est d’la baise
On se suicide et ce n’est rien
Qu’on pêch’ qu’on poste ou bien qu’on baise
On se suicide et ce n’est rien

Oh lutins…

Prêt’-moi ton voile on se tutoie
On s’enturbann’ chap’let kippa
Je te Kippour tu me Septembre
Le monde est vain et la terr’ tremble
On fait des goss’s sans trop y croire
On est tous un peu orphelins
Le dernier plan fondu au noir
On connaît tout jusqu’à la fin
Si t’en as pas taill’-toi la veine
On est tous à l’ouest d’Eden

Oh lutins…

La révolution pour demain
Grab le pussy j’ashtag metoo
C’est pas les meufs de la Rat.T.P.
Cell´s qui nettoient les murs de merde
Qu’iront témoigner au micro
Qu’on dort mal à caus’ des salauds
Que le sous-chef qui les harcèle
A trois enfants et fait du quad
Menu fretin et Gargamelle
Vas-y googl’-le sur l’Ipad
On mang’ du porc au quotidien
Et nom de dieu viv’ment la fin

Oh lutins…

Pour la mondial’ Garden Party
Il fait pas bon être en retard
Et tout ton sang sur le pavé qui sèch’ pour rien à la télé
Et tout ton sang sur le pavé qui sèch’ pour rien à la télé

les deux morceaux à écouter ici :

la version classique : https://sebastienpelle.com/2019/12/02/oh-lutins-de-bord-daile/

la version rap : https://sebastienpelle.com/2019/12/07/hommage-au-merle-les-lutins-rappent/

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