La condamnation des émotions (lecture)

La condamnation des émotions (lecture)

La condamnation des émotions, 15 juillet 2020.

La condamnation des émotions atteint son comble
On n’a plus le droit de vous sauter au cou en public
Si l’on n’a pas l’âge où absolument tous ont mis le masque
Cela trahit une influence néfaste un dérèglement
On fait semblant de célébrer la raison alors qu’on ne lit rien
Qu’on pense à peine autre chose que l’officiel statué
La condamnation des émotions atteint son comble
C’est puéril et malsain on vous jette la pierre
Il faut plaider la folie ou se voir tordre le cou
Par les mêmes qui portent la jeunesse aux nues tout comme un absolu
Une lanterne un point de mire un cénotaphe
(Non « No Future » n’est même plus une épitaphe)
Jeunesse identique en tout point stérile
Et que l’on contemple comme un produit
Sur l’île des singes on tape des mains du soir au midi
La condamnation des émotions atteint son comble
Bat la mesure du spectacle sentiments plus présentables
Dès lors qu’ils sont sur scène et mis à distance
Portez un masque hideux soyez lisse et figé
Oui tu peux sourire et faire l’ange c’est permis
C’est même prescrit sous peine d’exclusion définitive
Emballe-toi emporte-toi mais de manière homologuée
Ces sentiments ne sont pas toi de toi ne vient le moindre jeu
L’émotion fait tâche et colle au plafond
La condamnation des émotions atteint son comble
C’est comme un mollard que l’on porterait à sa boutonnière
Comme un pied de nez tout près à cracher
Son jet meurtrier sur le plat des faces toutes encodées
Le naturel est désormais impardonnable
La condamnation des émotions atteint son point le plus regrettable

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