Pip: Poésie pour le temps courant — où la littérature se joue, parfois littéralement, au dé.

Mara: Aujourd’hui, un seul billet de Sébastien Pellé, mais il ouvre quelque chose d’inhabituel : une invitation à participer, à choisir, à intervenir dans le processus même de publication.

Pip: Le lecteur devient co-éditeur. C’est soit très démocratique, soit une façon élégante de déléguer le travail.

Mara: Commençons par ce jeu de pages et ce qu’il révèle sur la relation entre l’auteur et son lectorat.

Quelle page lira-t-on ce soir ? À vous de jouer

Mara: Ce billet pose une question simple et radicale : qui décide de ce qui est publié ? Pas l’auteur seul — le lecteur est invité à entrer dans la mécanique éditoriale, à choisir la page qui sera mise en ligne le soir même.

Pip: L’invitation est formulée ainsi : « parmi les numéros qui apparaitront d’ici une heure dans les commentaires, je choisirai celui de la page de Romane Connexion qui sera publiée ici dans la soirée… Aux amateur.ice.s salut ! »

Mara: Ce que cela signifie concrètement : une page du roman Romane Connexion, publié aux éditions L’Harmattan, sera extraite et partagée en fonction du numéro proposé par les lecteurs dans les commentaires. Le tirage est humain, pas aléatoire — c’est l’auteur qui tranche parmi les suggestions.

Pip: Il y a quelque chose de presque ludique dans les contraintes annoncées : le livre fait 220 pages, il commence à la page 7. Le cadre est précis, le terrain de jeu délimité — mais à l’intérieur, c’est vous qui envoyez le pion.

Mara: Ce dispositif dit aussi quelque chose sur la nature du site lui-même. Poésie pour le temps courant n’est pas une vitrine statique — c’est un espace où la publication peut devenir événement, où une soirée de lecture se construit en temps réel avec ceux qui suivent.

Pip: Et l’illustration choisie pour accompagner tout ça — « Le jeu lugubre » de Salvador Dali, 1929 — n’est pas là par hasard. Un jeu, oui, mais avec une ombre portée.

Mara: Le titre du tableau renforce l’ambivalence : participer, c’est aussi prendre un risque, accepter qu’on ne sait pas sur quelle page on va tomber. C’est précisément ce que le dispositif met en scène.

Pip: Court, ouvert, malicieux — et ancré dans une œuvre concrète qu’on peut aller chercher.


Mara: La frontière entre auteur et lecteur s’efface un peu ce soir du côté de Romane Connexion.

Pip: On verra quelle page a gagné. Et si c’est la bonne, on en reparlera.

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