Le grand vide

Le grand vide

Je traverserai ce grand vide
Que tu laisses en n’ayant pas vraiment été là

Il faudra le traverser
Quoique j’y laisse
La détresse est une trompe dans le vent

Quand le vent devient lourd
Et qu’un bout de soi-même part
Quoiqu’il en coûte à admettre
Avec un autre jamais connu

Je dois laisser le temps
Me traverser de cette double absence
En espérant que les dégâts
Seront moindres que l’espoir de te connaître

Problème d’addition
La soustraction éphémère mais répétée
D’un fantôme que je nourris moi-même
Et qui me dévore

On ira quoiqu’il advienne
La peur est déjà matée
Il reste l’espoir délétère
D’une répercussion amplifiée

Là je ne sais pas si j’aurai la force
Mais cet instant d’hésitation n’est rien
Puisqu’il faut continuer

Illustration : dernier tableau de Picasso

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