Poème d’après (8) « Le venin »
Entériner le processus d’une parole à jamais coupée
Mais saisir toute occasion d’écrire une évolution
La moindre ou la plus illusoire ou la plus éphémère
Mais généralement chacune laisse sa trace et porte sa modification
Amène son évolution un petit pas vers la sortie
Tout ceci est instructif et évacue comme il peut sa dose de douleur
Par exemple je décris : un événement remonte et produit sa douleur broyante
Dans une histoire où presque tout peut être réévalué comme un signal d’alarme
Une prise de conscience que j’avais refusée et qui revient avec force (plus, sans doute)
J’écris pour l’apaiser et je me réveille avec elle le lendemain
Je ne l’ai pas encore identifiée qu’elle est là
Attendant que je lui enlève son masque pour voir son visage hideux et bien m’en terroriser
Par exemple encore ce texte est la réponse ou le prolongement de celui écrit hier en Anglais
Où elle avait tendu ses charmes à un ami
Je continue en écrivant à diluer le venin d’une réalisation pareille
Mais il faut s’arrêter sur cette formulation
illustration : Le Caravage, Méduse Murtola (la première Méduse), 1597-1598

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