Poème d’après (I) (Une falaise juste amie)

Épines buisson cailloux sous les pieds

La vie reprend ses droits

La falaise est tranquille

Le vin inspire des lenteurs apaisantes

Il donne le tempo

En fin de journée consacrée par la douleur

Il récompense d’un alentissement

Qui fait croire au répit

Et c’est donc le répit juste lui

Balance qui consiste à savoir peser

L’inquiétude d’un retour certain de la douleur

Immense espoir d’en rester là

Falaise épines et même torpeur dans le vent

Qu’importe

La douleur est suspendue

Cela dessine l’éternité du répit

Qu’importe s’il faudra après

Tourner en rond dans la cour

Chasser les images d’un amour impossible

Le répit laisse la possibilité d’écrire

Même si on sait aujourd’hui que c’est forcément à dessein

Écrirait-on sur une île déserte en naufragé

Que ce serait encore à dessein

Car l’espoir est fou l’espoir est un piège

Qui empêche de renoncer

En attendant de confirmer cette certitude amère je salue le vin

Espoir épines une falaise juste amie

En pensant que demain

N’arrivera jamais

Illustration : Victor Hugo, sans titre ou Évocation d’une île, 1870.

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