Épines buisson cailloux sous les pieds
La vie reprend ses droits
La falaise est tranquille
Le vin inspire des lenteurs apaisantes
Il donne le tempo
En fin de journée consacrée par la douleur
Il récompense d’un alentissement
Qui fait croire au répit
Et c’est donc le répit juste lui
Balance qui consiste à savoir peser
L’inquiétude d’un retour certain de la douleur
Immense espoir d’en rester là
Falaise épines et même torpeur dans le vent
Qu’importe
La douleur est suspendue
Cela dessine l’éternité du répit
Qu’importe s’il faudra après
Tourner en rond dans la cour
Chasser les images d’un amour impossible
Le répit laisse la possibilité d’écrire
Même si on sait aujourd’hui que c’est forcément à dessein
Écrirait-on sur une île déserte en naufragé
Que ce serait encore à dessein
Car l’espoir est fou l’espoir est un piège
Qui empêche de renoncer
En attendant de confirmer cette certitude amère je salue le vin
Espoir épines une falaise juste amie
En pensant que demain
N’arrivera jamais
Illustration : Victor Hugo, sans titre ou Évocation d’une île, 1870.

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