Il y a dans l’écho un remord qui s’oublie
Dans tout amour c’est l’absolu qu’on projette
Aussi petit soit-il les bois sont infinis
Et la poursuite est inlassable
À peine né la voix qui promet l’oubli
S’étend sans fin et les arbres ne cesseront jamais
Ce défilé prometteur où se courent des lianes
Si la voix cesse le défilé continue d’être infini
Mais les lianes sèchent et promettent la mort
En vous rappelant qu’elles ne l’ont jamais oubliée
Si vain soit-il l’amour danse au dessus des gouffres
Il n’y a plus de péril jusqu’à la fin des voix
Et alors béante la terreur se dresse
Plus forte que jamais elle ne se venge pas
C’est superflu car vous savez
Vous connaissez cette condition blême où vous voilà rendue
La balance de l’angoisse et du désir est toujours en faveur de la première
On n’abandonne rien si on n’est pas un peu sûr
Et pourtant tout retour vous anéantira
Illustration : Écho et Narcisse, 1er siècle après J.-C., peinture murale, Pompéi.

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