Poème de l’après (2) (L’écho)

Il y a dans l’écho un remord qui s’oublie

Dans tout amour c’est l’absolu qu’on projette

Aussi petit soit-il les bois sont infinis

Et la poursuite est inlassable

À peine né la voix qui promet l’oubli

S’étend sans fin et les arbres ne cesseront jamais

Ce défilé prometteur où se courent des lianes

Si la voix cesse le défilé continue d’être infini

Mais les lianes sèchent et promettent la mort

En vous rappelant qu’elles ne l’ont jamais oubliée

Si vain soit-il l’amour danse au dessus des gouffres

Il n’y a plus de péril jusqu’à la fin des voix

Et alors béante la terreur se dresse

Plus forte que jamais elle ne se venge pas

C’est superflu car vous savez

Vous connaissez cette condition blême où vous voilà rendue

La balance de l’angoisse et du désir est toujours en faveur de la première

On n’abandonne rien si on n’est pas un peu sûr

Et pourtant tout retour vous anéantira

Illustration : Écho et Narcisse, 1er siècle après J.-C., peinture murale, Pompéi.

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