Triptyque, L’enfer

Le triptyque, pensé comme tel, l’enfer qui n’est pas ce qu’on croit (c’est le cas de le dire). Un passage qui survole l’enfer sous-jacent. Destiné aux esprits forts qui n’y verront rien d’autobiographique. Les autres devraient passer leur chemin, comme sur tout le site.

  1. l’enfer est calme

Quand les mots semblent morts ne dire la tristesse
Ne se dit elle esquive
Un fil entre des mains d’huile
Les mots ne sont morts qu’à demi vivants
Comme un savant combattant à demi ployé
La mer où s’y plonger abyssale en surface
Vertige enfer l’enfer est d’un calme
Qui déroute l’esprit olympien

  1. L’enfer est faible

L’enfer est faible

Même le mensonge n’a guère de portée
Il réside en un coin où la vie est morte
La mer se retire et les algues survivent

L’enfer est faible il dit ce que nous voulons dire
Le serment déchiré et la peur de la fin
Il s’étiole au soleil il courbe un peu la main

L’enfer est très dicible et vois s’il tourne en rond
Dans la tête où s’écrit
La peur du lendemain

Je lave à perdre haleine et pensées sans raison
Demain demain encore et une envie de suivre
La mèche d’une fille au cours de la saison

  1. L’enfer est autre

Étranger qui me sert la gorge
Par les poumons l’oppression qui descend
Sueur quand il fait froid moite aux aisselles
Le vide qui creuse où je tombe
Tout ce qui n’est pas moi
Tout ce qui singe
La fin du monde
Étranger sans parole ou étranger des paroles
En trop qui m’assène de mots
Toujours les mêmes
Tricoté mensonge à l’endroit à l’envers
Version du monde où je crois m’éteindre à jamais
Jamais qui n’en finit pas
Fin du monde mensonge si prégnant
Qu’elle me tue me tue et me retue
Je renais fou je m’oublie abruti
Je m’endors en doutant de tout
Dans une flamme de doute qui couve
Inextinguible fin du monde
Qui me consume
Me consume
Étranger sans pitié
Petit tas de côté
Fait de cendre éternelle

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