L’Enfant-neige

L’Enfant-neige Récit 1. Dans la chambre 22, au rez-de-chaussée, Romuald profite d’un moment de répit entre deux crises. Elles frappent n’importe quand. Ou plutôt elles frappent après s’être annoncées, une demi-heure ou plus avant d’éclater pour de bon, mais elles s’annoncent n’importe quand. Et puis ensuite elles montent, lentement. C’est comme ça qu’elles s’annoncent. Lorsqu’il... Lire la Suite →

Les deux portes

Les deux portes A gauche et à droite, deux portes. L'une de fer, barres de métal croisées sur de gros boulons et des soudures qui font des cicatrices boursouflées. L'autre, coulissante, en verre rosé presque transparent, vaporeuse, un nuage de sucre comme on en vend dans les fêtes foraines. Ceux qui ont levé la tête... Lire la Suite →

Paresse = montage “Je monte donc je suis.”, Descartes plâtrier. Rien de plus nécessaire que l’introduction de la morale laïque à l’école. Je souffre encore, aujourd’hui, de ne pas avoir connu cette formation élémentaire. De là, un parcours erratique et contradictoire, un manque de sérieux et un humour mal placé, tout cela aggravé par des... Lire la Suite →

Eh donc, parmi la flopée de commentaires à la con, tous à côté de la plaque dans une paresse lénifiante (est-il moderne ? Est-il contre la modernité, bla bla) que j’ai lus et qui réduisent désormais toute littérature à l’ensemble des thèmes qu’elle convoque, pour en mesurer la pertinence à l’aulne de leur correspondance avec... Lire la Suite →

la vie d'artiste tous les artistes à la maisonils ont le chien maman papails collectionnent les relations d'amis semi-professionnelsce sont les artistes aujourd'huiils ont du chic à tour de brasune grande télévisiondes tatouages et des bretelles moi je te dis on vivra seulset on n'aura jamais d'enfantsl'amour nous brûle ils sont en deuilde ne savoir... Lire la Suite →

Le vol statique des corbeaux sur moi Entier je veux être couvert D’une masse de corbeaux Dont j’écarterai les ailes Quand il faudra t’embrasser Cette meute piaillarde Et discrète à dessein M’enrobera d’un drap Dont j’écarterai les becs S’il faudra te parler Ils piaillent de souffrance Et d’idées impossibles De faims qu’il faudrait taire Ils... Lire la Suite →

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Synthétique Notre rythme Ou notre sémantique Et nos inhibitions Nos tics Nos tiques Tout ce qui nous suce Le sang Algorithme Pathétique Et quand tu changes de champ Je m’égare Aux égards Car je n’ai pas le temps Prions qu’on nous unisse seule solution Un chant Passereau triste Est notre firmament

Le petit sapin Encore heureux la coccinelle ose ses pattes sur ma peau Florence la mélancolie porte ton nom Encore heureux une hirondelle à l’horizon De la pensée hisse un drapeau indépassable Je n’irai pas plus loin Le vide est grand devant mon souffle Il faudrait la poitrine du grand océan Pour plonger plus profond... Lire la Suite →

On ne peut pas vivre sous la Lune impunément... on ne peut pas se laisser darder par la présence si familière d’un astre qui nous regarde depuis longtemps. On n’a pas les droits pour oublier qu’elle est la sœur de nos terrestres endiablées... on ne peut pas vous dis-je et on devrait s’agenouiller... et parler... Lire la Suite →

D’instinct premier Je voudrais faire passer Une fleur dans cette phrase Sans prononcer les œufs Pour que les oignons germent Je voudrais didactique Y planter des racines Et faire que les mots Poussent d’un seul élan Je laisse les pensées qui sont des fleurs aussi Y peindre les couleurs que tout le monde a vues... Lire la Suite →

Bouc impromptu 2 De l’horizon diabolique qui tapisse le fond de mon cerveau je ne peux vous parler. Il est si loin si proche et si lointain il est à portée de main il frisonne toujours et partout en sourdine en crinoline grattant sourdant biaisant travestissant tout perception mémoire et pensée. Il prend la forme... Lire la Suite →

Triptyque octosyllabique sans raison J’ai mis du blanc au congélo je l’ai fait vibrer jusqu’au bleu Est-ce la pierre ou bien des os J’ai foi en le principe aqueux J’ai pris le rouge où cette cendre devient la braise en hésitant C’est comme pécher le grand sandre Pour le vider de tout son sang Petits... Lire la Suite →

Sans conséquence (poem to trash)   Je suis un apeuré un transi un qui n’ose pas vivre je suis coagulé avant la moindre blessure je suis un hésitant un marcheur des marais qui n’a jamais tenté l’ombre je devrais même non-exister pour être au moins cohérent je respire à peine Et Dieu sait pourtant que... Lire la Suite →

Manuel d’apprenti Des clefs des tournevis toute une boîte à outils Et des mains pleines de cambouis Pour ouvrir quoi ? quel démenti qu’on organise ? Couteaux sanglants et psalmodies Pour mentir quoi et déchirer ? La plaie la vulve et le prépuce oh les mots forts Aux grands remèdes les grands maux Petits moyens... Lire la Suite →

    Déclaration Mais la plupart sont déjà morts et l'ont toujours été Il faut le voir de loin comme ils se jettent sur tout ce qui palpite cela fait très longtemps qu'ils ont choisi leur côté Ils sont prisonniers de la fin ils l'ont entamée très tôt dès la calvitie dès les premiers gamins... Lire la Suite →

  Réveil en fuite Je suis allé cacher mon humeur racornie Avancer sur soi-même où on est le plus soi Est-ce bile terrible acide intérieur Avancer en coquille un ongle détaché qui sèche sans la chair un pétale de bois Ou confusion de maux au mieux la profondeur Nacrée navrée soupçon avide de terreur Je... Lire la Suite →

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