Les Finitions

La feuille à table je décris
Brigitte Bardot en photo me sourit
Je mens car elle fume et l’écran
Est vertical

Dispose-t-on (encore) les mots comme des objets sur la table
J’ai dû ranger avant d’écrire et j’ai peur que le chaos
Me vienne maintenant des mots
Que j’ai paresse à disposer

Pourtant je leur demande de m’aider
À me tenir dans le silence
Que la radio intellectuelle a biaisé jusque-là avec de la douceur
Mais je sens maintenant qu’il y a eu déplacement
Un glissement comme un rideau
Le silence s’est à la fois éloigné et rapproché je le sens distant et très présent
C’est peut-être une redéfinition de l’absence et de l’espace
Une plinthe qu’un menuisier aurait enfin replacée un jour qu’il est désormais impossible à situer
Les années d’avant ont toutes désormais quelque chose 1900
Elles n’existent pas
Ce sont des films

Et c’est bien ce qui m’arrive (maintenant je sens que je vais rendre au public)
Je sens quelque chose qui se manifeste par sa nature même de chose qu’on ne peut pas sentir
Une absence un espace

Instantanée et permanente et en cela vrai miracle de transsubstantiation du réel en vide et du solide en irréalité
Renouvelée et incessante opération de raffinement jusqu’à la poussière sans matière

J’ai disposé
Je referme
Je profite de l’effet
Je me grise
Je prévois la déception
Je la rate
Je recommence

Copenhague, le 28 Septembre.

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