TESTAMENT VI « The Stag »

TESTAMENT VI

« The Stag »

L’arrivée anachronique d’un cerf-volant casqué tel sur le bord avance un soldat affairé et dense il est contraire à la paresse on dirait du métal forgé dans le revers du cosmos d’un noir intense presque blanc à la césure du brouillon prototypique un insecte à la lettre pris dans le repli mécanique d’une souplesse ancestrale appris à l’aune d’un patron extra-terrestre à la limite aux confins de l’idée de prison il tricote des murs dans la passion du sourd qui n’aurait pas le choix il prend sa part de tyrannie mais on le voit d’en haut il est très surveillé c’est sûr mais c’est pourtant son chef qui repousse une feuille ou déplace un caillou sans la plus petite écharde sans le moindre acharnement la souplesse est passée dans tous ses mouvements depuis l’éternité de sa naissance auguste où quand comment pourquoi il est plus mystérieux que la constance atone et arbitraire immonde dans laquelle se balance l’univers jamais il ne va deux fois dans la direction précédente à peine revient-il au même endroit comme si chaque endroit de la terre s’annulait derrière en soi chacun de ses tâtonnements sûrs comme une incertitude maîtrisée il est tout l’horizon le voilà voix lactée il obture au khôl épais la moindre fissure badigeon de plénitude concentrée la moindre question avec lui pas de fuite il est l’absence de raison

Tout fait son aliment il ne mange jamais qu’aux banquets des gravas se gavant de salpêtre il avale la ruine et la matière en fuite il est vierge de digestion c’est de l’instantané et du temps étiré sur la table du vent comme des grains de sable arabesques d’une trame négligée qui n’est pas la hasard la finalité poudre est un destin plus fort que bien des palais il a survécu c’est le même depuis l’aube il conspue le laquais couronné de rasoirs il renvoie les rayons modestes encensoirs ce qui rend tout muet et tout est immobile dessous son regard lui qui ne voit jamais qu’une fente en-dessous un rets au ras de choses au ras de sa pensée abrasive il tranche tout en son principe et se disloque l’univers à l’abandon dans son orbe

Le fléau est avec lui ultra-contemporain fait de l’apocalypse un programme de choix quasiment historique en 1823 et je tombe dessus il n’est pas un mirage et jamais une image ne se retient à lui sa carapace d’un reflet est abîmée c’est un écran total une éclipse sans fin derrière un astre immense toute la lumière retour de toute l’onde au puits originel où il est impossible de rien distinguer tout en lui se dissout et gagne sa valeur ou sa vraie vérité son énigme en un mot le dernier mot qui dise enfin le soi profond une énigme du sens qui se replie enfin obole de faïence ou tinte un dernier sou il se tient sur le bord pose un dernier pari et se glisse dans l’ombre il est indestructible et il n’existe pas il échappe dans l’être à tout incarnation un repli de métal un casque et ses huit pattes

Copenhague, le 11 avril 2020.

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