rapid adj 1 moving, acting or happening quickly; fast. 2 photog requiring short exposure. noun (usually rapids) a part of a river where the water flows quickly, usually over dangerous, sharply descending rocks. rapidity or rapidness noun. rapidly adverb.
ETYMOLOGY: 17c: from Latin rapidus, from rapere to seize. (Chambers Dictionary)

Vécue encore une fois (voir rapid « La démission ») sur le mode, comme on dit parfois assez justement, par quelqu’un qui vit un travail éprouvant mais pas débordé par l’angoisse de se nourrir, au moins dans l’immédiat, ou au premier degré, autre expression de la modulation, la retraite est une question qu’il est finalement curieux de se poser. C’est symptomatique d’un rapport au travail qui est malade. Vouloir s’assurer d’être un jour décemment, pas trop vieux, pas trop malade, justement, en retrait du monde du travail, libéré de l’obligation de travailler, n’est finalement pas normal : on devrait vouloir continuer jusqu’à plus soif, jusqu’à extinction de la flamme, un peu comme des Keith Richards, passionnés par ce qu’on fait. C’est une position utopique : nous travaillons parce que nous y sommes obligés. D’ailleurs, on dit beaucoup que les nouvelles générations ont totalement changé ce rapport au travail. Une amie prof me disait que son frère médecin était sidéré par des internes qui quittaient l’hôpital à l’heure prévue, même si la relève de l’équipe soignante n’était pas assurée. La sidération du médecin de l’ancien monde s’affrontait, finalement sans conflit, à la fermeté désarmante, sans provocation, des jeunes recrues, de la relève finalement, convaincue de son droit, c’est-à-dire de la limite de son engagement. À partir de ce constat, la retraite peut être sacrifiée par nous qui avons vécu selon les codes de l’ancien monde. Encore une fois, si on peut, la conclusion peut s’imposer : tant pis, il m’est impossible d’avoir jamais effectué ces quarante-deux annuités, dans les conditions actuelles de mon travail. J’ai finalement autre chose à faire et me voilà ramené à une position qui n’est ni celle de la jeunesse, qui ne voit plus le travail comme un engagement où s’impose de dépasser les limites du contrat, ni celle des « boomers », qui l’ont rempli jusqu’au terme pour s’assurer une retraite confortable, car promise. Nous voilà rendus, nous générations intermédiaires, à croire à une sorte de réédition anachronique du programme beatnik : ma liberté à tout prix. Et à affronter la perspective d’une précarité imminente, parce que la promesse, ni du côté beatnik, ni du côté institutionnel, n’est plus de mise.

prochain rapid : Twin Peaks : The Return ou l’imbibition artistique

Photo by Geoffrey Whiteway from Freerange Stock (modifiée)

Une réponse à « rapid / La retraite pour la Génération X »

  1. La précarité imminente est de plus en plus de mise, il suffit de regarder la misère sociale et d’entendre l’intellectuelle. Misère et liberté ne sont que peu compatibles, même aujourd’hui !

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