Tu es mes chats

Les chats m’ont tout appris

Comment voir celui qui sort celui qui rentre son nez par peur du monde quand l’autre est déjà compromis ou conquérant comment celle qui fait mine de ne pas s’intéresser tout ça c’est les chats

Ensuite comment caresser ils m’ont appris à rebours du pelage en des endroits fragiles et mal offerts à l’autre sa main envahissante intrusive

Ne pas aller trop loin mais aller franchement jusqu’au tracé du quant-à-soi le chat nous apprend les frontières

Et en cela nous délimite

Après bien du délire il y a la mort du chat ou pire sa disparition

Son corps tout sec qui vous attend sous un faneur ou les dessous d’un canapé

Le chat est mort il vous reproche tout ce que vous vous reprochez

Vous l’attendez il ne vient pas vous appelez rien ne répond vous continuez c’est pour de bon la fin la mort en somme la disparition

La négligence est coquetterie seigneuriale

Certains vivent au milieu des fantômes ils sont pâles

Le chat vous interroge en votre instinct démocratique et à la fin

Il faudra pourtant nettoyer

Enterrement veillée aux cierges vous saurez

Le chat est là comme un remords

Qui pointe exactement l’endroit

Où l’on fut juste moins que soi

Et le chat miaule ou bien se tait

On sait que ce chant est sans fin

J’ai eu des chats qui me suivaient comme des chiens on s’étonnait on me disait tu as dévoyé la nature on s’amusait on me disait que j’étais sans doute un sorcier (ou un sourcier on confondait)

Et pourtant je n’ai rien appris

J’ai eu des chats dedans ma vie

Plus maintenant

Copenhague, le 30 Septembre 2019.

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