Faux départ

Faux départ

Je remonte à l’envers les rues de mon départ
Le café de l’ami la librairie du cœur
Les galeries qu’on visitait le samedi
Tous les départs sont faux
L’année est un quart d’heure
Quand on regarde l’eau du dernier rendez-vous
C’est en l’homme ce vide c’est en l’homme ma sœur
Je pénètre la nuit qui me traverse je me froisse
Tout est sans bruit tout me glace
Je vis l’abolition de toute profondeur
Les bassins déformants sont plats comme une main
Tendue sous un ciel vide angoissant d’infini
Là je faisais semblant de fumer en pensant que tout était toujours trop lourd
Là nous ruminions des adieux et aujourd’hui je pars sans faire demi-tour
Une ville où on ne mettra plus jamais les pieds
Est comme une carte mensongère
On n’y est plus vraiment et elle s’éloigne en nous
On n’y reconnaît rien on y reconnaît tout
Elle sombre et s’engloutit refermant toutes les routes
Dans des sables mouvants qui ne recrachent rien
Et qu’on a au fond de l’âme
Les souvenirs sont muets
Le temps n’existe pas
Et nous rêvons en vain.

28 décembre 20.

illustration : Adio, de Beppe Ciardi (1875-1932) date inconnue- Instituto de Artes da UFRGS, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21424669

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