Euthanasie

Réflexion rapide sur l’euthanasie (je sais, le sujet mérite mieux, personne n’est obligé de lire) : vous avez inventé ces machines et ces procédés qui allongent la vie au-delà du naturel (qui était donc un mythe), il faut assumer : on ne débranche pas car on n’a pas le droit de décider de ce qui est « vivable ». Toutes les raisons qu’on avance pour débrancher sont, par définition, des projections projetées depuis le monde (ses perceptions, ses représentations, etc.) de CEUX QUI PARLENT et qu’on confond donc avec les « vivants », qui auraient leur mot à dire sur les « moribonds », les agonisants dont nous ne savons rien, si on en s’en remet à l’expérience. Avant, la personne mourait. Maintenant elle a la POSSIBILITÉ de vivre, ce qui signifie aussi qu’elle en a, comme tout un chacun, le DROIT POLITIQUE, qu’on lui refuse donc plus ou moins légitimement (penser à la déchéance de nationalité pour les terroristes) : tout est là, cela nous oblige à décréter, selon des critères (étymologiquement, donc on est au cœur du vrai), du MOMENT où la vie n’est plus la vie… Wahou. Impossible. Cela demande une distance sur le sensible. Le « potentiellement mort » nous interroge sur ce que nous décrétons comme ADMISSIBLE de vivre : c’est une vraie Constitution ! au sens le plus Condorcet du terme (ou Robespierre, à cette distance, ils se confondent). Or, c’est depuis l’expérience sensible que l’on s’exprime pour jurer que « ce n’est pas une vie ». Quelle que soit la souffrance (supposée ou avérée) de la personne qui « peut » mourir, si elle ne s’est pas clairement exprimée là-dessus, nous ne savons rien. Attention, des râles permanents ou des regards QU’IL S’AGIT D’INTERPRÉTER (et là est la responsabilité) peuvent être des supplications explicites de mourir. S’il y a débat, il est là, AU CAS PAR CAS et en toute conscience de tous les impliqués : déchiffrer ce que veut ou peut dire celui ou celle qui n’est encore à considérer, au sens propre encore une fois du terme, que comme « malade », qu’on peut, un peu hardiment certes, résumé à « mal habile pour vivre », ce qui n’interdit pas l’entrée à la vie. Le reste est décrété (à nouveau) par la technique, qui fait la somme, selon sa logique habituelle : « Ce membre n’est pas fonctionnel… cet organe ne pourra jamais… DONC la vie n’est pas POSSIBLE ». Or, et c’est un paradoxe scandaleux : c’est au nom de l’expérience sensible, dont nous ne gardons pour exprimer nos thèses sur la vie QUE le souvenir, que nous SPÉCULONS sur la VALEUR de la vie… Par commodité. Qui n’est pas forcément une lâcheté, je sais et je ne blâme personne. Mais c’est une erreur. Une grosse erreur. Il n’y a pas plus religieux comme « salto » que de définir la vie, alors que c’est justement en croyant condamner des superstitions que l’on défend ce présupposé droit à ne pas souffrir…

S. Pellé

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