Laissez-moi la paix (psaume de rappels pour évidence)

Il n’a pas d’autre famille celui qui veut la joie que celle des autres adeptes

Ne regarder que l’essentiel

et suffisamment d’accessoire pour sauver le contraste

La joie est une catégorie par définition aristocratique

quand le bonheur est des plus vulgaire et méritent les magazines ou les sous-trappes des règlements familiaux, du couple contre l’amour, de l’investissement contre l’ivresse, de la mémoire contre l’histoire, de la fidélité contre la passion

Aliment de la foule qui refuse d’être, verbe singulier à jamais, qui refuse de payer le prix du départ, pourtant gratuit

c’est-à-dire de se déposséder de tout pour être possédé par tout, par tout ce qui veut bien lui témoigner l’accord, de ne s’inscrire que dans l’histoire d’un passé sans personnalités

en cela que l’on dit « possédé par la joie »

Le Verbe n’a ni enfant ni parents ni amis, rien que des confluents, qu’il ramasse en passant et qui l’emportent à leur tour,

quel généreux manège, quel saut loin du morbide, quelle joie menacée par l’envie !

Il n’a pas d’autre famille celui qui veut la joie que celle des autres adeptes

Ils auraient bien voulu le retenir dans leur néant

Il en faut du courage et parfois de la rage mais c’est le seul salut, le seul espoir d’échapper au mensonge qui embaume sur place, fait mourir sur le champ

Rester dans l’angle du sublime, sous l’angle du sublime,

qui, évidemment, a besoin du futile par nécessaire contraste : nécessité d’orientation, le cabestan procède par élimination des fausses routes, c’est l’humaine et terrestre condition

Il n’a pas d’autre famille celui qui veut la joie que celle des autres adeptes

L’homme qui croit en l’humain est plus méchant qu’une teigne, plus fanatique que le religieux, qui l’est finalement rarement, l’homme de ses illusions est un absolutiste qui ne croit qu’à sa vision étriquée, qui appelle l’amour ce qui n’est que sa tyrannique volonté de ne pas souffrir, qui fait de son malheur un droit, qui réclame, qui harcèle, qui quémande et oppresse ce qui lui est refusé, qui parle de bonheur mais qui ne veut jamais le vôtre,

qui ne sait pas se taire et se faire oublier de ceux qui exercent leur droit à se refuser, c’est l’homme qui veut et ne peut comprendre, qui exige de comprendre alors qu’il veut n’être que satisfait et demande des raisons, « on vous passera à la Question ! », c’est le maître des culpabilités, il tire sur toute les cordes, c’est un poison inique

Cet homme est fou, éminemment dangereux, il est sans limite dans son exigence, il est nombreux, inépuisable dans ces réclamations, insondable dans son incapacité totale à sortir de lui même et finalement se noie dans son néant en maudissant les autres

Chacun a à se libérer de ça

Car il n’a pas d’autre famille celui qui veut la joie que celle des autres adeptes

C’est d’ailleurs, étant le seul devoir, notre seul droit : je le répète, les autres sont tyrannies et font de leur malheur l’instrument de leur vindicte, de leur échafauds, de leur persécutions : on leur doit des raisons !

Rien n’existe par son état civil, il n’y a pas d’état social, tout doit être installé par de puissantes envies, de puissantes nécessités où le personnel se joint, se superpose à la totalité des choses, s’efface en elle

Donner à cette abolition radicale de toute obligation sociale, familiale, civique le nom de « liberté » est une surcharge et une erreur de cap, la liberté elle-même relève du préjugé, ce n’est qu’un tic de langage pour ceux qui ne croient pas assez, et beaucoup trop, aux mots

Il ne s’agit que de rejoindre l’évidence, c’est-à-dire ce qui doit être, ce qui ne peut qu’être et ce qui seul peut être

Le reste est errance, fourvoiement, finalement folie qui mène aux pires aveuglements et aux pires cruautés, aux pires singeries, contrefaçons, atrocités

Ne peut dire qu’il aime et seul peut dire qu’il est aimé l’être qui est, l’être du singulier

Tout le reste est pollution

Il n’a pas d’autre famille celui qui veut la joie que celle des autres adeptes

France, 14 Août 19

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