Le retour de Cendre

Le retour de Cendre

Oh… les Saints de glaces (j’ai toujours cru les Saintes glaces, Laure dirait les seins de glace, évidemment), bref, le dimanche de Cendre, c’est le retour… oh pardon… je m’abimais… je jouais avec mes doigts, c’est à moi ? Allons-y.

Pour séduire totalement il faut être le diable. Si tu n’es pas le diable, on ne te pardonne pas. Il faut payer. D’où son invention. Sans quoi, tu penses bien, j’aurais suffi, aux rares élus. Et à côté, l’auto-érotisme, comme dit l’autre, aurait pu prendre toute son étendue, recouvrir pour de bon la carte.

Le diable est inventé comme issue au narcisse : on veut bien sortir de soi, se mettre à nu(e), exposer ses honteuses coutures, son côté marionnette, mais il faut que ce soit à tout le moins pour le Malin.

Toi mon chou tu t’avances avec ton étiquette d’ange. C’est presque plus pervers encore, si tu y songes bien. Alors quoi, on devrait se laisser envoûter et trouver ça normal ? T’en remercier tant que tu y es ? Ta dette se résout simplement : on te fait sentir que cela suffit, tu es suffisamment payé. Tout est dette mon pauvre, la monnaie se rend toujours à César, sans quoi, tu connais la fin. Enfin, la suite.

Non rien n’est normal pour qui est envoûté (je mets des chapeaux) : il ne voit qu’une seule chose : il n’est pas à la hauteur. Autant être méchant(e). Toi le premier.

Dépasser ce principe et résoudre cette équation primaire appartient au génie. Le génie de l’amour, comme dit notre pythie masculine, qui se définit ainsi. C’est une tautologie. On se sent suffisamment exposé comme ça. L’amour est des signes mais cela ne fait rien : on l’a dit, c’est cuit, tu dois le savoir à jamais et payer l’addition sans demander de rab. Au lieu de ça, toi tu joues avec les miroirs, tu joues la transparence. Je te le redis, il n’est pas sûr que ce ne soit pas pire, si tu me passes la litote. Comme veux-tu qu’on te pardonne un coup de pied dans la coiffeuse ? Tu sais bien que tout n’est que questions d’angles, le soleil, la fenêtre, les souvenirs d’enfance. Allons, ne sois pas sérieux pour une fois. Tu accentues les difformités… impardonnable et tu voudrais qu’on ait encore le souffle d’avoir du tact ? Chacun (chacune) prend l’ivresse où il peut. Dans le déni ça marche aussi. L’ivresse est une conversion tu sais bien, un peu comme une distillation. Elle fait flèche de tout bois. Les flèches sont d’ailleurs toutes de Cupidon, même dans les états sombres de la destruction, qui sont tout aussi aimants. Les couloirs de la rage sont aimants. Ce n’est pas tant qu’il y a encore de l’amour dans la rage, c’est qu’il y a déjà de la rage dans l’amour. Et ce n’est pas simplement l’inverse, les inverses ne sont pas tous équivalents. L’émission des signes demande un peu de marge, un peu de jeu, il faut déjà être remis de l’envoûtement, pour être encore plus envoûté(e). Être envouté vraiment, c’est-à-dire hors de soi. Tu t’en crois capable ? Autrement que comme un indicateur ? un sémaphore qui gesticule dans le vent de son petit dérèglement ? Tu crois que ce jeu des vertiges est inné ? Tu joues l’ignorance. C’est un atout dangereux. Surtout en ouverture. On n’avance pas ses tours en début de partie sans gros risque de tempête, et une pour de bon cette fois. Alors je te rappelle : si l’ignorance est précieuse, l’ignorance de l’ignorance est fatale. Développe.

D’où la difficulté. Le haut et le bas de la montagne, etc. Et à qui éblouira l’autre. Le dernier mot est là : c’est moi qui t’ai ébloui(e) en dernier. Na !

D’où que l’amour n’est guère humain. Sa recherche, oh oui sa recherche. L’humain trop humain ou l’humain surhumain, c’est toujours une histoire de cime. Il n’y a pas grand monde là-haut. Mais c’est bien sûr là qu’on vit.

Il ne faut jamais être complètement éperdu de désir et toujours garder en tête, ou en vue, que le désir est désir du désir, ce qui est la meilleure parade aux théories palliatives et mécaniques sur la chose : c’est là qu’on devient surhumain… Tu dis jouer carte sur table ? C’est étonnant comme aveuglement. Tu sais bien que les plus sombres te font peur et que c’est elles que tu recouvres par les autres, les absolues, les lumineuses… pas de meilleur exemple pour démontrer l’étroite intrication de l’ombre et du rayon. Même si tu le dis, même si pour toi elles sont doubles, même si elles se dévoilent comme telles, surtout si elles se dévoilent comme telles, tu ne feras jamais comprendre ça à personne. Pas dans l’admiration. Ça sent forcément sa trahison, toute cette sincérité offrante. La marquise ne peut pas refléter les soleils noirs, ta générosité pure est forcément ténébreuse. Tu feras toujours peur. En un mot : il faut remettre la poésie à sa place. Surtout parce qu’elle est d’essence divine, tu comprends ?

Je ne sais pourquoi, c’est fini pour aujourd’hui. On a raté des choses mais ce sera pour plus tard. Et puis ça sent son collage. Je vais m’étendre. Laure est aux fraises, j’aurai la paix.

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