Verbe
Je m’offre à toute la poésie du voyage
Je glisse par saccades
J’ai à peine le temps de me rattraper mais j’essaie de jouir l’instant
Rien n’est facile et les gouffres sont nombreux, impardonnables
Il y a beacoup d’abimes de tristesse mais le temps passe et le vent, parfois, souffle
J’ai beaucoup fui le soleil pour ne pas trop subir la netteté aveuglante qui paralyse
Mais j’eusse été vraiment malheureux que la pluie s’éternisât j’avais trop de regrets
Il me fallait la secousse permanente mais je savais qu’à la fin ce serait le verbe
Le verbe magique qui me pardonnerait sans violence après qu’il m’eût rudoyé fort
Poussé vers des pensées extatiques
Que par sagesse, et c’est ma récompense, je n’ai pas notées
Le voici, reviens-moi, parole divine, extase sans illusion, je te mérite
S’il te plaît crois-moi, je crois avoir fait le nécessaire et je n’ai pas trop perdu la mire
Dis-moi que je sais encore écrire
C’est un soulagement à nul autre pareil
Heureux heureux heureux je suis à l’instant où ces mots frappent la page
Je ne désire rien, pas même un prolongement
Car c’est assez
illustration : Job, cathédrale d’Orléans





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