JAIDÉCIDÉDETOUTDIRECOMMEÇAON SAURA

Deuxième partie

I

TE REVOIR

Es-tu partie douce reviens-tu au même endroit à chaque fois que j’y repense ô les mots ne sont plus si dociles maintenant que les tiens peuvent sonner au bout du champ, dessus le son, dessus le sang d’un crépuscule en filigranes et c’est à les chercher que je tombe sur toi, sous un soleil de rue, qui me rappelle, qui est là, toujours un peu, un peu sous tout, comme une empreinte à l’intérieur de chaque chose, comme un velours qui couvrirait tout mouvement en son dedans, le répétant dans un silence, qui, lui, devance et fait sillon, comme une fleur qui se referme et qui se rouvre incessamment, le pollen électrise mes respirations, est-ce du vide que j’avale et surtout quoi qui me maintient debout dans ses longues journées à respirer sans toi des vagues d’air qui sont un peu comme une lave environnante, un baume aussi ou bien une sorte de feu qui serait apaisant

Des pensées de charbon cèdent la place à d’autres blanches qui les couvrent d’espoirs fols de présent déjà là, images noires qui dedans viennent les doubler de tourment, que j’aime aussi parce qu’il est fermement toi et qu’il promet que ça se passe, là juste sous l’envers du monde, enfin parlant, enfin fécond, vibrant dans l’air comme une fronde, livrant son cœur qui est enfin son firmament, un fouet de sang, cela m’assure une existence enfin certaine où rien ne perce la surface sans demander ta permission, je fais de toi mon gardien et mon temple indien fait de songes en marbre et je ne veux plus rien d’autre que marcher sur ses dalles et les plis des échos de tes pas qui les dansent viennent pour m’entourer et m’extraire du temps tandis qu’il s’enfonce dans le fleuve géant

C’est donc une révolution comme un virage permanent et dont la courbe s’accélère incessamment, et même les descentes sont panoramiques, quand le flux ralentit c’est encore un vertige, un trou d’air, un sourd appel de flamme, comme un chaos naissant, une combustion qui ne peut s’épuiser, une soif que n’étanche aucune hésitation, les rideaux, les frissons viennent-ils de bouger, vite un pas de côté, redoublé, redoublé, climat à l’identique au paysage intact, une mer de diamant, un soleil pétrifié, je ne veux plus sortir, dans ces lieux dirigés par les gens sans espoir qui se cognent la tête aux murs qu’ils ne voient plus, tu me donnes la haine de toutes les prisons, je veux être sans fin, je veux être sans foi, je ne veux plus être sans toi, tu es mon dernier compromis, je veux par toi être pensé et puis sans cesse réécrit

Copenhague, 31 Août 2019.

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