Laure a son mot à dire

Laure a son mot à dire

Disons que je crois beaucoup à l’adéquation du fond et de la forme, disait Laure un jour, tandis qu’elle jetait, du haut d’une haute tour, des steaks, pour nourrir les corbeaux, peu de glaçons sans flammes et peu de feu sans nostalgie. Elle continuait ainsi :

Qui me prouve, interstices, que la lune a ses comas ? Hein, qui me prouve ? J’en ai les bras qui tombent, parole de palombe. Je m’étrille, voyez-vous, je passe toute la sainte journée qui n’est pas, à califourchon sur du vide : on connaît les absences de Monsieur, ses abstinences forcées, moi je peux mais n’en puis mais, mon vagin est universellement vide, je plombe comme l’écorce vicieuse de certains arbres arides : l’écorce est tout, le fond, la forme, tout est là, mon vagin ambicêtre, est plus que de douleur amer, il pend, il jungle, il beugle, il attend, et attendre, voyez-vous, c’est plus que Kremlin de Bicêtre.

Vous, pâles cancrelats, êtes à la lune ce qu’aucun ver n’est pas, et pourtant priez, fous, que j’écarte d’un seul entrelacs : voyez-moi posée, je suis le vagin amplifié, je n’ergote qui n’en puis mais, je n’ergote pas assez ! Et pourtant, je suis vagin assez !

La petite est tendre certes, mais il n’empêche que le fonds… Heidegger en ses nuits nocturnes, n’est pas allé au-delà. J’ai le vagin qui jouit sans fond, et c’est souvent ce qu’on reproche à mes douces nuits d’insomnies, moi franchement je m’en galoche. Sois ébaubi, je dis souvent, la peur est une nuitamment, mais les vraies glaires de ma grotte éveillent d’autres appétits.

Censure, crie-t-on au halot, et au hublot, parfois, pour ceux qui ne comprennnent pas, censure un brin de son Luther (violons, tout ça, c’est presque un magistère), qui sent la fièvre appemondrie, pour quelques clystères, franchement, seulement pour quelques : moi je dis, ardemment, soit elle sait, soit elle ne sait pas, et si elle ne sait pas, ce n’est pas à toi de savoir pour elle. C’est pour ça qu’on l’aime, et je sais que c’est le mot maudit. Mais là je parle à sa place, il sufffit. L’autre est suffisamment capable de se tuer pour elle. Coquetterie : de ne pas vivre pour elle, quelle hérésie. C’en est drôle.

Je suis le vagin endolori, et je n’en ai cure : ma voix est celle de mille. L’amour, savez-vous, l’amour, sait choisir sa cible, mais il ne tient qu’à elle.

Et elle se recouche. Peut-être entre mille bouches. Son corps pue mais il est divin. Comme ses alentours.

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