Je vous conte le songe (Le chevalier endormi 2)
Je vous conte le songe
D’un héraut endormi
Qui n’avait pas le droit
D’être amoureux de celle qu’il aimait
C’est un songe bête parmi d’autres
C’est un peu comme une scorie des apôtres
C’est gratuit et c’est vain
C’est plein de destin incertain
Mais qu’importe le juge frappa du maillet
Tout le monde était coi
Mazette on se demandait quoi
Est-ce une foudre qui arrive
Est-ce un reliquat du Cid
Personne ne savait
Et le chevalier dormait
Un peu insouciant mais très cruellement blême
Il avait peur en son délire de proférer des blasphèmes
Il se tenait la queue
Le désir est parfois si peu courtois
Qu’il rêvait de géhenne et de draps souillés
Pauvre peintre d’autrefois
Les estampes glissaient sous son pinceau
Et pourtant Dieu sait qu’il était beau
Une fille passa déraisonnable en son mystère
Une fille passa que rien ne tenait sur la terre
Elle vola l’épée et tout saint sacrement
À la fin on n’en fit pas même
Un simple enterrement
Une gueuse y sacrifia une larme
Dans un ambre douteux
Artificiel épithalame
Et ce fut tout