La lumière éteinte au fond du cœur

Avis :

Quelqu’un a récemment posé de manière comique la question que je me posais à propos de Robert Smith, que j’adore pour mille raisons. Comment pouvait-il écrire toutes ces chansons d’amours malheureuses alors qu’il vivait l’idylle avec sa femme depuis 50 ans. Et je crois que je comprends la réponse (qu’il n’a jamais donnée bien sûr) : le biographique, quand il est éteint dans la vie, prolifère comme par magie dans l’écriture.
Ce qui me ramène à une remarque que je voulais t’adresser tout à l’heure.
Si tu ne partages pas, c’est peut-être que le dosage entre le biographique et la création n’est pas encore celui où tu peux partager. Chacun.e a le sien, moi je peux donner l’impression de me livrer entier. Mais je sais qu’il n’en est rien, car je rattrape derrière le fil de ma vie. Je ne sais pas si cela a du sens.
Aucune paresse à ne pas écrire en français. Moi j’ai commencé à écrire mes poèmes quand je n’avais plus de complexe à écrire anglais.

Tu es dans l’ombre de ce que je fais

Quatre années passées à savoir

Que tu lisais mes espoirs

Et dans l’ombre à jamais

La fameuse grotte

Où le ciel n’est plus qu’une idée

J’aimerais dévorer les entrailles

De ce passé fantôme

Où s’annule un temps présent

Qui semble corrompu

Les Échos les voiles

La lumière éteinte au fond du cœur

Le temps lent

Goutte à goutte

Qui dépiaute ma chair en silence

Quatre ans ce n’est rien

Il ne faut pas rimer

La cadence est caduque

Mais je suis prisonnier

De la rythmique impalpable

Illustration : Danseuses sur la scène, Degas, 1889.

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