Poèmes

Malentendu

Malentendu As-tu déjà pleuré parce que je m’en allaisTu disais qu’on se reverraComme une mère à son enfantMoi je me vidais de mon sangA chaque nouveau kilomètre qui disaitJ’étais un peu plus loin de toiCar mes moments n’étaient rienSi tu n’étais pas làQuand toi tu continuaisJusqu’à la prochaine fois

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Vision

Vision Le pas des portes, grange austère paquebot de nuit immobile où parle encore un mort pendu de liesse, tandis qu’on hisse dans les airs les lourds bovins gonflés de pestilence, pensée tu reviens t’hypnotiser de lourds glaciers au Nord qui bercent ton exil permanent dans le fracas de leurs détachements silencieux, à jamais hermétique […]

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En silence

En silence Alerte. Je suis possédé d’un souffle sans raison ni fin et dont personne absolument ne veut. Es-tu sur la banquise de mon ciel de fin d’août, bouleversant des lettres, en mols émoluments, sur ce fond de nuit chaude ? Je ne porte aucun drapeau, mes solitudes ont leurs couleurs et leur mystère suffisant. […]

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Désir

Désir Il faut écrire pour faire la lumière. Menacé par ses éclipses, l’esprit cherche le soleil avec une volonté sans fin. L’invention part d’un secret qui s’éclaire comme en fin de journée. La dignité haïssable, la peur est le grand saut, la force de la pensée, le désir pur.

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Salut Copenhague

Salut Copenhague Ne me recherchez pas j’ai les poches bien videsJe pars pour partir je garde en moi des tracesQui passeront la douaneN’attendez nulle part mais je ne vous fuis pasJe ne veux recueillir personne à l’arrivéeLe passé est passé tout bord comprenez-moiJe ne vis pas plus en arrière que je crois ne me direQue […]

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Joie Joie Joie

Joie Joie Joie Joie joie joie.Tu fuis tu glisses entre les mains mais tu n’es jamais bien loin.C’est toi seule qu’on doit regretter, le reste n’est rien.Je t’écris je te pense il faut prendre bien soin de toi, il faut te cajoler.Tu es dans les échos dans les images niaises dans les chansons faciles, la […]

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Notre inscription

Notre inscription notre estomacinscrit dans le tempsnos pieds nos mains nos poumonsinscrits dans le temps nous nous énamouronsde cette sécheresse de ce blanc souciaplatis comme des éponges sur un coin de fenêtreà nacrer des éclats et nous en finissons patiemment durs et platscomme l’os de la seicheque vient lécher le chatteint du sang des pinsons

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Tu es mes chats

Tu es mes chats Les chats m’ont tout appris Comment voir celui qui sort celui qui rentre son nez par peur du monde quand l’autre est déjà compromis ou conquérant comment celle qui fait mine de ne pas s’intéresser tout ça c’est les chats Ensuite comment caresser ils m’ont appris à rebours du pelage en […]

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Le Voyageur

La route est traversée par d’incalculables trous bancaires Le déficit creuse le voyageur au plein du ventre, de la poitrine Et ses pieds sont de sang Il explore surtout la faillite et les pays nouveaux s’arrêtent à la barrière La balance lui donne son comptant, qui l’alourdit un peu plus, dans le dénuement Dans la […]

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la vie d’artiste

la vie d’artiste tous les artistes à la maisonils ont le chien maman papails collectionnent les relations d’amis semi-professionnelsce sont les artistes aujourd’huiils ont du chic à tour de brasune grande télévisiondes tatouages et des bretelles moi je te dis on vivra seulset on n’aura jamais d’enfantsl’amour nous brûle ils sont en deuilde ne savoir […]

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blanc

blanc à toi qui te trahis un peu plus le matin sans trop te rappeler ce que tu voulais êtrepasse sous la grande arche et admire sans hontetout ce qui te dépasse et dont tu voudrais rire on t’a volé le feu toutes les baies sont muettesle clapotis de l’eau rythmé vers le zérotu hurles […]

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Le vol statique des corbeaux sur moi

Le vol statique des corbeaux sur moi Entier je veux être couvert D’une masse de corbeaux Dont j’écarterai les ailes Quand il faudra t’embrasser Cette meute piaillarde Et discrète à dessein M’enrobera d’un drap Dont j’écarterai les becs S’il faudra te parler Ils piaillent de souffrance Et d’idées impossibles De faims qu’il faudrait taire Ils […]

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Synthétique

Synthétique Notre rythme Ou notre sémantique Et nos inhibitions Nos tics Nos tiques Tout ce qui nous suce Le sang Algorithme Pathétique Et quand tu changes de champ Je m’égare Aux égards Car je n’ai pas le temps Prions qu’on nous unisse seule solution Un chant Passereau triste Est notre firmament

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Bouc impromptu 2 (un an plus tard)

Bouc impromptu 2 De l’horizon diabolique qui tapisse le fond de mon cerveau je ne peux vous parler. Il est si loin si proche et si lointain il est à portée de main il frisonne toujours et partout en sourdine en crinoline grattant sourdant biaisant travestissant tout perception mémoire et pensée. Il prend la forme […]

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Déclaration

    Déclaration Mais la plupart sont déjà morts et l’ont toujours été Il faut le voir de loin comme ils se jettent sur tout ce qui palpite cela fait très longtemps qu’ils ont choisi leur côté Ils sont prisonniers de la fin ils l’ont entamée très tôt dès la calvitie dès les premiers gamins […]

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Réveil en fuite

  Réveil en fuite Je suis allé cacher mon humeur racornie Avancer sur soi-même où on est le plus soi Est-ce bile terrible acide intérieur Avancer en coquille un ongle détaché qui sèche sans la chair un pétale de bois Ou confusion de maux au mieux la profondeur Nacrée navrée soupçon avide de terreur Je […]

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Oursin

Bourdonne rien ne rentre Vitre contre vitre haché Au lampadaire les idées folles rien ne rentre encore Parole Contre parole rien n’est plus dit qui serre le cœur tout passe en mollesse et rien ne rentre Obstiné mollusque en ces baves Entravé Clos et clos si sûr de lui qu’il dort rien ne rentre encore […]

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Oursin

Bourdonne rien ne rentre Vitre contre vitre haché Au lampadaire les idées folles rien ne rentre encore Parole Contre parole rien n’est plus dit qui serre le cœur tout passe en mollesse et rien ne rentre Obstiné mollusque en ces baves Entravé Clos et clos si sûr de lui qu’il dort rien ne rentre encore […]

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Pleurer pleurer

Pleurer pleurer pleurer pouvons-nous pleurer jusqu’à la fin, pouvons-nous pleurer jusqu’à la racine des larmes, sera-ce l’extinction finale, ce n’est même pas sûr ? Pleurer jusqu’à la lie, pleurer pour rien et pleurer pour tout à la fois, pourquoi les larmes nous manquent-elles, pourquoi leur sel nous fait-il si défaut ? Est-ce l’armure, armoirée trop, […]

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La sonnette en cristal

La sonnette en cristal   Tu peux sonner mais ce sera la dernière fois Choisis-la bien et surtout ne t’y reprends pas Choisis aussi la bonne main juste en passant caresse-la car la dernière ce sera   Nous aurons des voix blanches pour nous dire au revoir Comme une poire tombant recueille-la trop mûre et […]

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Premier poème 2018

Faut s’expliquer un peu tout le temps Quand on te parle tu serres les dents Tu voudrais bien qu’on parle d’autre chose Que de ta solitude morose Ou les vacances Que tu prends pas Tu voudrais qu’on t’oublie pour te parler vraiment Tu voudrais qu’on te touche en touchant quelque chose Qu’on apprenne à parler […]

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Pile noire

à Antonin Artaud Je suis la pile atomique la matière noire en fusion d’elle Si je distille j’irradie à profusion on sent comme un courant chaud autour de moi qui électrise les consciences en rendant certaines complètement tarées Et qui se croient à m’attaquer quelque droit au nom de la raison et de la nature […]

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Mettre les mots

Mettre les mots dans l’ordre toujours permanence Creuser le fond sur place ni vers le haut ni vers le bas Et pas même l’horizon l’ordre toujours l’ordre Ni à tes pieds ni sur ta tête ni tombe ni cendre Mettre les mots dans l’ordre Dans du présent qui s’anéantit sans ouvrir de porte Le mot […]

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L’œil au bord de la rivière 

L’œil au bord de la rivière      Trouver la niche respirable Faut-il du flair ou se laisser guider hasard Sans suivre rien ni conseils signaux ni instinct même Ni même se démener sur soi s’agiter ou comme particule folle Capter l’immobile qui n’est pas froid l’irrespirant qui n’est pas mort Se passer d’air en […]

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De fil blanc (faux sonnet)

Rembrandt, Vieille femme lisant,1655.     De fil blanc à Alban Bouquette Cousue de haute main en altitude haute Glycine d’héritage émois qui mangent l’ombre En l’absence du temps où le siècle s’épuise La vie continûment repousse les défaites Le soleil contemple les craquèlements muets Des micas noirs sourdement assemblés au blanc Du quartz où […]

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ULTIME APAX

ULTIME APAX à Jacques Rapacki le corps obscène un cachalot brillant crémeux porte avec lui de l’eau visqueuse abominable propulsion qu’il faudrait taire la jaune odeur flotte dans la saillie béante   je suis l’algue flottante à la dérive à la surface du monde nivelé à la perte de la vue et de l’horizon profond […]

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